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N° 201 - juillet 2001

La démocratie en marche
Pierre Dubuc

Pearl Harbour, le film



Propagande pour le bouclier anti-missile

Le film Pearl Harbour, qui bat des records au box office, arrive à point pour légitimer auprès de l’opinion publique le programme de bouclier anti-missile du président Bush.

Simple hasard, dira-t-on, la production du film ayant été mise en marche bien avant l’élection de Bush. Peut-être pas !

Un « Space Pearl Harbour »

La dernière édition (mai-juin 2001) de la revue Foreign Affairs nous apprend que le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a présidé par le passé deux importants comités du Congrès américain sur les dangers d’une attaque balistique contre les États-Unis.

Le rapport de la première commission paru en 1998 était si alarmant qu’il est en partie responsable, nous dit Foreign Affairs, de la décision du président Clinton, à la fin de sa présidence, d’accélérer les plans de bouclier anti-missile. Le deuxième rapport, paru en janvier dernier, parle explicitement des dangers d’un « Space Pearl Harbour », c’est-à-dire d’une attaque contre les satellites américains en orbite autour de la planète.

Une commande de Wall Street

Foreign Affairs laisse entendre que l’idée du bouclier anti-missile viendrait de Wall Street. Selon la revue, les revenus provenant de l’exploitation commerciale de l’espace dépassent, depuis 1996, les dépenses gouvernementales à ce chapitre. On calcule que les industries technologiques de l’espace ont réalisé des profits de 125 milliards $ l’an dernier. D’ici 2010, les investissements cumulatifs américains dans l’espace dépasseront les 500 à 600 milliards $, soit l’équivalent de tous les investissements américains en Europe !

L’économie mondiale, et particulièrement américaine, est si intimement liée aujourd’hui aux satellites de communication que la sécurité de ces installations est devenue une priorité. En 1998, les ratés du satellite Galaxie IV ont rendu inopérantes 80 % des pagettes américaines, affectant 37 millions d’usagers. Des postes de radio et de télévision ont cessé d’émettre et plusieurs magasins de détail et stations-service étaient incapables de vérifier les transactions effectuées à partir de cartes de crédit.

Roosevelt savait

On laisse entendre que, si un système de défense semblable au bouclier anti-missile avait existé en 1941, les États-Unis n’auraient pas été pris par surprise par l’attaque nippone. Mais la question n’est pas uniquement technologique.

Il est aujourd’hui reconnu que les États-Unis avaient déchiffré le code secret japonais et certains historiens affirment que le président F.D. Roosevelt savait que la flotte japonaise était en route pour attaquer Pearl Harbour. Au nombre de ces historiens, on retrouve Charles A. B, Beard, qui fut président de l’American Historical Association, et John Toland, récipiendaire du prix Pulitzer.

Selon eux, Roosevelt avait besoin de Pearl Harbour pour venir à bout des forces isolationnistes aux sympathies pro-fascistes qui dominaient la vie politique américaine, et permettre l’entrée en guerre des États-Unis dans le front des démocraties.

Castonguay a raison

Recul du français dans la région de Montréal

Le démographe Michel Paillé s’est porté à la défense de notre collaborateur Charles Castonguay dans le débat sur la situation du français dans la région métropolitaine de Montréal.

Dans une opinion parue dans Le Devoir du 31 mai, Michel Paillé écrit 0 « Le mathématicien Charles Castonguay, de l’Université d’Ottawa, reproche à trois de mes collègues démographes (Piché, Lachapelle et Henripin) de “ faire croire que le poids de la population est en progression dans la région métropolitaine de Montréal ”. Vérification faite, je dois donner raison au premier plutôt qu’aux trois autres. »

Paillé reproche à Victor Piché l’erreur élémentaire de ne pas tenir compte du changement des limites apporté à la définition de la région métropolitaine de Montréal dans les recensements de Statistiques Canada.

C’est bien évident qu’en élargissant les limites de la région de Montréal pour y inclure des municipalités comme Saint-Jérôme, Bellefeuille, L’Assomption, etc. à 98% francophones, il s’ensuit une hausse des francophones plutôt qu’une baisse.

Quant à Henripin, il fonde son optimisme à l’égard de la situation du français en comparant la décennie 1986-1996 au recensement de 1971, mais en omettant de rendre compte d’une nouvelle tendance à la baisse depuis 1986 dans la région métropolitaine de Montréal.

Michel Paillé s’en prend également au fait de vouloir supplanter l’usage des langues à la maison par le concept de « langue d’usage public », comme s’il n’y avait aucun lien entre les deux. « On se tourne même en ridicule, comme le fait Victor Piché, en faisant du domicile un simple dortoir où les membres d’une même famille ne se parleraient jamais. Un tel simplisme en dit long sur l’idéologie qui l’afflige », écrit Michel Paillé.

Sur ces trois questions, Paillé reprend les arguments de Charles Castonguay développés dans les pages de l’aut’journal.

La qualité de vie

Vingt millions $ pour le logement et le transport dans l’est de Montréal

« Enfin ! », diront les habitants de Hochelaga-Maisonneuve, dont 50 % des immeubles datent d’avant 1946 et ont, dans plusieurs cas, un urgent besoin de réparations majeures. Mais qu’ils ne se réjouissent pas trop vite. L’argent n’est pas pour le logement social ni pour l’amélioration du service d’autobus sur la rue Ontario.

Les 20 millions $ sont accordé pour venir en aide à la compagnie Busac qui va transformer le mat du Stade olympique en tour à bureaux. L’argent servira à percer des fenêtres dans la tour et à remplacer les roues d’acier du funiculaire par des pneumatiques pour assurer la quiétude des nouveaux locataires. Il ne reste plus qu’à attendre le départ des Expos – ce qui ne devrait pas tarder – pour transformer le stade en terrain de golf.

Dans son livre La cathédrale inachevée (Éditeur XYZ, 1997), Guy R. Morin rappelle – 2,5 milliards $ plus tard – ces paroles de Roger Taillibert pour justifier la construction du stade 0 « C’était, enfin, améliorer dans un quartier qui en avait bien besoin, les conditions d’existence de ses habitants. »

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