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À l’ombre de l’orford
N° 249 - mai 2006

Le CPE était une régression de trop
Élodie Bédouet
Le dossier des CPE (contrat de première embauche) aura suscité l’intérêt de tous les médias français et internationaux. Avec le retrait du projet le 10 avril dernier, les étudiants et les mouvements syndicaux sont les grands gagnants de cette lutte.

Avec le CPE, on permettait à l’employeur de licencier sans motif durant deux ans tout jeune salarié de moins de 26 ans et ce, pour faciliter l’insertion professionnelle. Cette précarité du travail légalisée est devenue au cœur de la controverse et a mobilisé notamment « entre 1 et 3 millions de manifestants » le mardi 18 mars lors de sa plus grande manifestation, comme a titré le magazine L’Express.

Avec le rejet du contrat de première embauche, le 10 avril dernier, la droite française semble anéantie : un président de la République en « sursis », un premier ministre affaibli avec pour seuls gagnants : Nicolas Sarkozy, à droite et Ségolène Royal, à gauche.

Dans une entrevue à l’émission Sans Frontières sur les ondes de Radio Canada le 14 avril, Jean-François Khan, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Marianne est revenu sur la situation politique française. « En soi, le dossier des CPE n’est pas un projet esclavagiste, mais il est apparu comme la régression de trop. A ce propos, la France a entrepris des changements radicaux qui ont été acceptés. Il est donc faux de dire que la France est incontrôlable, qu’on ne peut pas la réformer. Les réformes réalisées au cours des quinze dernières années sont considérables, notamment en matière de retraite, sécurité sociale, flexibilité du travail ».

Il ajoute que « les syndicats sont les grands gagnants sur le plan institutionnel ». En effet, lorsque le mouvement syndical se mêle aux manifestations, le gouvernement ne réussit pas à sortir vainqueur des événements.

Le rédacteur en chef du magasine Marianne revient sur la perception souvent erronée du mouvement anti-CPE par les médias internationaux. « Chez vous, au Québec, le quotidien La Presse a décrit le mouvement comme rétrograde, qui refuse la modernité alors que c’est un contre-sens total. La France est avant-gardiste et annonce un immense refus du mouvement néo-libéral ».

Le projet CPE retiré, c’est la gauche qui apparaît la mieux placée sur l’échiquier politique pour les élections présidentielles de 2007.

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