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Le Canada qui tue
N° 248 - avril 2006

Les domestiques ont eu droit au salaire minimum en 2003
Stéphanie Beaupied
Le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants lance une campagne pour la reconnaissance des travailleuses domestiques dans la Loi sur les accidents et les maladies professionnelles. En effet, le service domestique n’est toujours pas reconnu selon la loi de la CSST (Commission de la santé et de la sécurité au travail) qui assure les indemnisations. Au Québec, on compte 25 000 travailleurs et travailleuses domestiques d’après le recensement de 2001.

Étonnamment le métier de domestique a peu évolué depuis le 19e siècle. Préparer les repas, entretenir la maison, prendre soin des enfants font partie du quotidien des domestiques. Le travail domestique était une des seules voies possibles pour les femmes célibataires du 19e siècle. En 1891, 41% de la main d’œuvre féminine canadienne occupe le métier de domestique.

Jusqu’à la Seconde Guerre, c’est une des destinées principales pour les célibataires peu instruites. Mais les possibilités amenées par l’industrialisation au tournant du siècle vont profiter aux femmes qui délaisseront le travail domestique pour le travail à l’usine. Regroupées, elles obtiennent de meilleurs salaires et des horaires de travail plus courts. Malgré les dures conditions de l’usine, les femmes préfèrent de loin le travail en manufacture.

Malgré des épisodes de pénurie de domestiques, les salaires et les conditions de travail de ce métier demeureront précaires. Les domestiques ne sont d’ailleurs régies par la Loi du salaire minimum que depuis 2003. À Montréal, entre 1900 et 1940, les domestiques sont recrutées des classes les plus pauvres. Provenant majoritairement des campagnes ou des pays européens, ces femmes sont quasi analphabètes et peu habituées à la ville. Elles se dirigent principalement vers les quartiers bourgeois de Westmount, d’Outremont et de St-Antoine. Elles doivent exécuter tout ce que les maîtres de la maison exigent. En effet, les servantes se trouvent vulnérables aux divers abus, sexuels ou autres, des maîtres de la famille qui les gardent sous leur toit.

Les domestiques d’aujourd’hui sont tout aussi vulnérables. Elles sont pour la plupart des femmes nouvellement arrivées au pays. Elles sont isolées et dépendent directement des employeurs. Qu’elles vivent ou non dans la maison du patron, les domestiques ne sont pas considérées comme des travailleuses selon la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. En cas d’accident, les domestiques ne sont pas indemnisées et les employeurs n’ont pas à payer les cotisations à la CSST. Ce n’est pourtant pas le cas d’autres provinces canadiennes telles que la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Manitoba. Au Québec, les travailleuses domestiques doivent souscrire et payer elles-mêmes les cotisations pour obtenir une indemnité.

Références historiques : Le collectif Clio, L’Histoire des femmes au Québec, Le Jour Éditeur, 1992.

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