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Le Canada qui tue
N° 248 - avril 2006

Connaissiez-vous le Péruvien Andrés Avelino Caceres ?
André Maltais
Depuis le début de l’année, un ex-lieutenant colonel de 43 ans, Ollanta Humala, bouleverse complètement le scénario des élections présidentielles péruviennes du 9 avril prochain.

Humala provient d’une famille militant pour le nationalisme et la justice sociale. En 1988, avec son frère Antauro, il fonde, au sein des forces armées, le mouvement « ethnocacériste ». En 2000, ce mouvement participe à l’assaut contre le régime d’Alberto Fujimori, puis, en janvier 2005, Antauro et des partisans attaquent un poste militaire, dans la province d’Andahuaylas, dans le but de renverser le gouvernement d’Alejandro Toledo.

Les ethnocacéristes tirent leur nom d’Andrés Avelino Caceres, meneur de la résistance contre l’invasion chilienne lors de la Guerre du Pacifique du 19e siècle et, plus tard, président du Pérou.

Il s’agit aujourd’hui d’un mouvement radicalement contre le néolibéralisme mais aussi ultra-nationaliste, voire fasciste. Selon le journaliste péruvien Ricardo Jimenez, les « ethnocacéristes » prêchent que la race est le fondement de la politique, tiennent des propos anti-juifs et anti-chiliens et préconisent de fusiller les auteurs de malversations de fonds publics.

Mais, il y a déjà plusieurs mois, raconte Jimenez, Ollanta Humala rompait avec ce mouvement pour opérer un grand virage à gauche. Son nationalisme n’est plus basé sur la race mais sur la dignité nationale. Le programme de son parti, le Parti nationaliste, laisse totalement de côté les éléments fascistes et promet d’en finir avec le modèle néo-libéral.

Humala, qui a déjà dit qu’il ne permettrait pas d’investissements chiliens dans des activités stratégiques telles les ports et les aéroports, préconise maintenant un projet d’intégration régionale incluant ce même Chili, ce qui lui vaut d’être de plus en plus comparé à Hugo Chavez.

Depuis ces comparaisons, l’ex-militaire a bondi en tête des sondages et tous les partis traditionnels s’unissent pour tirer sur lui à boulets rouges. D’autant plus que les sondages n’incluent pas les campagnes, là où on estime que Humala a encore plus d’appuis.

Jimenez dénonce surtout les adversaires politiques de Humala qui accusent son détachement militaire de violation des droits humains, à l’époque de la lutte contre les guérillas, dans les années 1990. Humala, dit-il, est un personnage public depuis 2000, et il est étrange et hypocrite que ces accusations sortent seulement maintenant, alors qu’il inquiète le plus l’establishment.

Mais beaucoup doutent encore de la conversion du fondateur des « ethnocacéristes » qui, selon le quotidien argentin, Pagina/12 (17 janvier 2006), serait particulièrement mal entouré.

Ainsi, Carlos Torres, son second candidat à la vice-présidence, est un ex-procureur qui, dans les années 1990, aurait activement contribué à « légaliser » la corruption du régime Fujimori tandis que plusieurs autres dirigeants du Parti nationaliste seraient liés à d’ex-personnalités importantes du même régime qu’ils sont allés jusqu’à visiter en prison.

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