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L’ordonnance Chaoulli
N° 247 - mars 2006
Le congrès de l’UFP et d’Option citoyenne
Une fusion remarquée, avec du pain et des roses
Élodie Bedouet
Québec Solidaire, issu de la fusion de l’Union des Forces progressistes et d’Option Citoyenne apparaît maintenant dans le paysage politique québécois. Un peu plus de 1000 personnes dont 93 observateurs se sont déplacés à l’Université de Montréal pour le congrès de fondation, les 3, 4 et 5 février derniers.

L’ambiance était plutôt festive avec une entrée musicale, des exposants, écrivains, pétitions anti-mondialisation, café équitable, tri des poubelles. Pas besoin d’attendre le début du congrès pour connaître les convictions du parti, le décor a lui seul était suffisant. De même que le discours politique d’ouverture des deux porte-parole, Françoise David et Amir Khadir, était relativement clair, précis et déterminé.

Tout au long du congrès, la parité homme-femme était respectée. Québec Solidaire veut être le fruit de la démocratie participative « des petits et des grands se rassemblent pour ne pas se faire exploiter. C’est pour offrir une alternative que nous nous unissons. Parce que nous voulons du pain et des roses! », a conclu Françoise David, ex-présidente de la Fédération des femmes au Québec et cofondatrice d’Option Citoyenne.

On n’est d’ailleurs pas sans se rappeler que l’existence d’Union des Forces progressistes et d’Option Citoyenne, fondées respectivement en 2002 et en 2004, sont une manifestation flagrante de la non représentation d’une couche de la population par les gouvernements au pouvoir. Par exemple, la Marche mondiale des femmes en 2000, organisée pour dénoncer les discriminations des sexes, s’est achevée par 10 cents d’augmentation du salaire minimum, ce qui touchait particulièrement les femmes. « Une mesure carrément insultante du gouvernement » a dénoncé Françoise David. Elle rappelle qu’« Option Citoyenne est constituée d’une majorité de femmes, une distinction de plus vis-à-vis des autres partis ».

Les membres des deux anciennes formations s’étaient réunis pour voter les fondements, statuts et nom du parti. S’inscrivant dans la logique des idées du Manifeste pour un Québec solidaire, les congressistes ont adopté ce nom à grande majorité. Quant au choix du logo, il sera réétudié prochainement.

Québec Solidaire est ouvert à toutes et à tous pour combattre les injustices sociales, les discriminations de tout genre et, ensuite, avec cette meilleure justice réintroduite, faire du Québec un État souverain. La souveraineté ne vient qu’en cinquième place dans la déclaration de principes car les militants souhaitent d’abord améliorer la situation sociale.

Les membres se sont regroupés en 42 ateliers pour débattre de sujets préoccupants et « penser ensemble à un autre Québec ». Des idées qui seront ensuite étudiées par les membres élus. Des experts non partisans avaient donc été invités pour apporter un point de vue extérieur. Parmi ces derniers, Dorval Brunelle, professeur et chercheur à l’UQAM, Louis-Gilles Francoeur, journaliste au Devoir étaient présents.

Québec Solidaire s’est défendu à maintes reprises contre l’étiquetage que cherchent à lui accoler les journalistes. « Nous ne sommes pas d’extrême gauche. Il n’y a rien d’extrême à lutter contre les problèmes des jeunes, à se battre pour un meilleur environnement… » Si on a pu remarquer que l’Union des Forces Progressistes se voulait plus directe, plus crue avec des propos « anti-capitalistes », sa fusion avec Option Citoyenne aura permis, non pas de diluer les idées des militants UFP mais d’attirer plus de membres en se recentrant avec un discours plus consensuel.

Reste que Québec Solidaire se veut altermondialiste, écologiste, féministe, pacifiste et souverainiste, tels qu’annoncé dans la Déclaration de principes adoptée durant le congrès. Ce document sera la base du programme électoral que le parti annoncera à la fin de l’année. Si le programme a été perçu comme audacieux, cela ne signifie pas qu’il sera impossible. « On va élaborer un programme qui sera généreux, mais réaliste. On aura des engagements chiffrés », promet Françoise David.

Par ailleurs, les médias se sont montrés étonnés que le Parti Vert n’ait pas participé à cette fusion alors que Québec Solidaire valorise l’écologie et a même créé une Commission spéciale sur l’environnement. À ce sujet, Amir Kadhir a souligné que le Parti Vert avait été invité à fusionner, mais qu’il n’avait pas reçu de réponse à ce jour. « Nous allons réitérer notre proposition auprès des Verts car le parti a totalement sa place parmi nous ».

La création du parti a suscité plusieurs réactions. Accusés de diviser le vote souverainiste, les porte-parole ont déclaré avec beaucoup de conviction : « Nous sommes sortis de la marginalité, nous existons. On ne divise pas le vote ». Toutefois, aucun soutien officiel des grandes centrales syndicales n’a encore été mentionné alors que Québec Solidaire est de gauche. Plusieurs artistes québécois ont exprimé leur attachement et leur soutien à Québec Solidaire, dont Mitsou et Richard Desjardins.

Le parti se donne une année pour bâtir et proposer un programme électoral « avec des valeurs que nous portons, rigoureuses, chiffrées ». Néanmoins, Québec Solidaire n’attendra pas autant de temps pour présenter son premier candidat, puisqu’il a annoncé son intention de participer aux prochaines élections partielles dans la circonscription de Ste-Marie-St-Jacques. « Nous disons que nous y serons », a souligné Amir Kadhir car « nous pensons avoir une place à l’Assemblée nationale ». D’ici là, le parti se positionnera tout de même sur les sujets qui font la une de l’actualité, tels que la privatisation des soins de santé, le prolongement de l’autoroute 25, les partenariats publics-privés, la réforme du mode de scrutin, car il n’existe toujours pas de scrutin proportionnel au Québec.

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