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Vas-y Quebec, make it for moi !
N° 246 - février 2006

Le billet qui a provoqué les foudres de la SRC
François Parenteau
Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, quand Jean Chrétien régnait sur le Canada, Paul Martin passait pour le gentil, celui qui est au-dessus des petites manœuvres comme les commandites, celui qui comprend le Québec, celui qui saura faire bénéficier notre économie d’un réchauffement de nos relations avec les États-Unis. Au début, Martin avait tellement la cote que les libéraux eux-mêmes, après pourtant trois victoires électorales consécutives, ont expulsé ce vieux politicien bagarreur de Jean Chrétien pour faire place au professionnel moderne.

Enfin, nous ne serions plus représentés par ce clown gênant de petit gars de Shawinigan. C’est pour ce nouveau leadership que Jean Lapierre a quitté son confortable siège de commentateur chipie à TQS pour revenir à la politique et ainsi compléter son triple boucle chiqué. Il y allait avoir du changement à Ottawa !

Mais voilà, Paul Martin est aujourd’hui atteint de chrétiennite aiguë. Il devient peu à peu identique à Jean Chrétien, le style rigolo en moins. Le premier symptôme de la chrétiennite de Paul Martin a été l’empiètement. C’est une maladie fédérale très commune, qui embrouille la vision du fédéralisme et fait marcher tout croche, droit dans les champs de compétences provinciaux.

On n’a pas remarqué tout de suite parce que Martin a été atteint d’une autre forme d’empiètement que Chrétien. Chrétien faisait de l’empiètement sous sa forme éruptive, visible, comme les bourses du millénaire et les commandites. Martin, lui, est atteint de la forme sous-cutanée de l’empiètement. Ça se manifeste par des programmes d’infrastructures avec les municipalités et par un déséquilibre fiscal chronique qui affecte la capacité d’évaluer les surplus. C’est un peu comme de la rétention d’eau avec nos impôts. Le résultat est que le gouvernement finit par être plus actif dans les champs de compétences provinciaux que dans ses propres responsabilités. La santé, les congés parentaux, les garderies, l’éducation, les villes… C’est comme si le Parti libéral fédéral faisait campagne au provincial !

Puis, il y a eu un raidissement de la position constitutionnelle. D’abord, il avait très tièdement appuyé la Loi sur la clarté et semblait moins enclin à faire une fixation sur les « méchants séparatistes ». Soudain, on le voit refuser au Québec toute présence sur la scène internationale et déclarer que cette élection est pratiquement référendaire en se présentant comme un sauveur du Canada. Les séparatistes sont aux libéraux du Canada ce que les terroristes sont aux républicains américains.

Cette sclérose constitutionnelle dégénérative est très contagieuse, surtout auprès de l’aile québécoise, qui semble génétiquement prédisposée. Elle fait voir du racisme et de la xénophobie dans tout ce qui est indépendantiste. Pettigrew n’arrête pas de revenir là-dessus. Elle affecte d’ailleurs le langage, un peu comme le syndrome de Tourette. On a entendu Lapierre parler du petit côté « naziste » de Gilles Duceppe. C’est ce qu’il a dit, « naziste ». Comme si, en lâchant le mot, même lui s’était rendu compte que c’était vraiment trop gros, que ça pourrait se retourner contre lui et qu’il avait tenté de l’amender au passage. Ça a donné le « naziste ». Pour qu’un libéral se mettre à dos le B’Nai Brith, il faut vraiment qu’il ait dit une grosse connerie…

Mais l’empiètement et la sclérose constitutionnelle ne sont que les premiers stades de la chrétiennite. En phase terminale, le sujet développe une résistance aux Américains! Souvenez-vous de Chrétien, quand il a décidé qu’il n’embarquerait pas dans la guerre en Irak et qu’il a commencé à insinuer que les États-Unis pouvaient être quelque part responsables de la montée du terrorisme. On savait que l’homme était condamné…

C’est maintenant la même chose pour Martin. Il y avait eu un premier épisode sur le bouclier antimissile, qu’on croyait en rémission. Mais cette semaine, on l’a vu semoncer sévèrement George W. Bush sur le bois d’œuvre mais aussi sur l’environnement, devant la visite venue du monde entier. Là, c’est grave. Peut-être que la fièvre pourra le porter un certain temps. Mais, à court et à long terme, quand on voit ça, on se dit que le malade n’en a plus pour très longtemps…

La chrétiennite, en fait, est une mutation de la trudeauïte. C’est une maladie nosocomiale du Parlement du Canada. Ça doit être le siège de premier ministre qui est contagieux.

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