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N° 246 - février 2006
La chronique de François Parenteau fatiguait la direction
Radio-Canada s’empêtre dans des explications folichonnes
Pierre Dubuc
Un de mes amis, syndicaliste à la retraite, m’a raconté se dépêcher de finir ses courses du samedi matin pour rentrer à temps à la maison pour l’écouter. Une autre amie apportait toujours son baladeur au Marché Jean-Talon pour ne pas le rater. Pour des milliers d’auditeurs de l’émission Samedi et rien d’autre de Joël Le Bigot, c’était un rituel. À toutes les semaines, ils étaient à l’écoute pour la chronique de François Parenteau.

Pas étonnant qu’ils aient été aussi nombreux à protester contre son renvoi arbitraire. Plus de 500 courriels. Des centaines de protestations par téléphone. Le cas de censure était trop flagrant. Pour justifier sa décision, la direction de Radio-Canada s’est empêtré dans ses explications folichonnes. Un bris de contrat parce qu’il y aurait eu confusion des genres entre textes d’humeur et éditorial, un manque de « diversité » d’opinions.

Des arguments déjà réfutés par l’ombudsman de Radio-Canada dans une décision antérieure. Personne n’a été dupe. Parenteau « fatiguait » la direction de Radio-Canada depuis longtemps et quelqu’un a sauté les plombs à la suite de son « éditorial » du 17 décembre dernier, en pleine campagne électorale, intitulé La chrétiennite de Paul Martin (voir autre article), dans lequel il passe dans le malaxeur non seulement Martin, mais également Pierre Pettigrew et Jean Lapierre.

Parenteau a été congédié sur-le-champ. Dans un geste de solidarité rare et remarquable, son collègue zapartiste, Christian Vanasse, a mis fin à sa participation à l’émission de Marie-France Bazzo.

Parenteau a été congédié pour ses opinions politiques. Pourtant, dira-t-on, Radio-Canada ne bannit pas l’humour politique de ses ondes. À preuve, Gérard D. Laflaque. En fait, tous les médias fédéralistes accueillent dans leurs pages l’humour et les « humeurs » politiques. Pensons à Chapleau et Foglia à La Presse. Oui, mais à une condition : qu’ils varlopent tout le monde avec le même cynisme. Il y a longtemps que le pouvoir a compris la nécessité politique du « fou du roi ».

Mais Parenteau a des opinions politiques. Il est pour la justice sociale, mais il est surtout souverainiste. S’il n’était que de gauche, il serait toujours en poste. La gauche ne représente pas présentement une menace politique. Elle est donc tolérée… pour l’instant ! Et dans certaines limites, bien entendu ! Mais sa charge à fond de train contre Pettigrew, Lapierre et Martin dans le contexte d’une campagne électorale aussi contestée était inacceptable.

La frilosité de la direction de Radio-Canada est telle qu’on ne serait pas étonné d’apprendre que celui qui a eu l’idée géniale de programmer sur RDI le feuilleton de la Commission Gomery ait subi les foudres du patron et ait été victime de mesures de rétorsion.

Quand j’ai rencontré François Parenteau au début janvier, il était encore au cœur du tourbillon médiatique soulevé par son renvoi. La veille, il venait de lancer le recueil de ses chroniques, Délits d’opinion, Chroniques d’humeur… et rien d’autre (Lanctôt Éditeur) et se préparait pour l’enregistrement de Tout le monde en parle, le lendemain. « C’est épuisant la controverse », me lance-t-il.

Je ne voulais pas faire une entrevue classique – tous les éléments du dossier étant connus – mais discuter plus largement de la façon dont François et les Zapartistes comptent pouvoir continuer à exprimer leur point vue souverainiste et de critique sociale dans un environnement médiatique de plus en plus restreint à cause de la censure et de la concentration des médias

« Nous allons nous recentrer sur les activités des Zapartistes, nous dit François. La crise a resoudé l’équipe et on peut parler de renaissance. » François reconnaît que les Zapartistes doivent beaucoup à Joël Le Bigot et son équipe pour avoir au départ fait connaître le groupe. Mais, aujourd’hui, les Zapartistes ont atteint un degré de notoriété qui va leur permettre de continuer à se développer. « Au départ, il y a cinq ans, il y avait 40 personnes pour nous écouter dans la très petite salle de L’Aparté. Puis, nous avons fait salle comble à La Place d’à côté avec 100 personnes, puis 200 personnes au Lion d’or. Pendant la période des Fêtes, nous avons joué à guichets fermés, soit près de mille personnes, trois soirs d’affilée, au Spectrum. »

Les Zapartistes préparent présentement leur prochain spectacle. À partir du mois de mars, ils parcourront le Québec. Comme beaucoup d’autres groupes, ils misent sur leur site Internet et leur liste d’envoi de courriels pour rejoindre leur public. Pour s’inscrire :

www.leszapartistes.com/

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