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L'anglo " rose " de la Commission Larose
N° 202 - septembre 2001

La situation de l’Outaouais n’inquiète pas la Commission
Jean-Paul Perreault*

Une langue pour tout le monde ?!



À la page 186 du rapport final Le français, une langue pour tout le monde de la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française, les commissaires reconnaissent clairement la situation particulière de l’Outaouais. Ils insistent même pour dire qu’il faut « tenir compte des disparités régionales » dans l’élaboration des « stratégies de francisation ».

Traitant en une dizaine de lignes des particularités de l’Outaouais, à la page 186, ils démontrent avoir compris certains besoins de la région 0 « Région frontalière avec l’Ontario, largement dépendante économiquement du gouvernement fédéral et des entreprises ontariennes (près de 40 % des citoyens de l’Outaouais travaillent en anglais en Ontario), l’Outaouais est un exemple de région à laquelle il faut accorder une attention particulière. Il faut appliquer à cette région des mesures qui convainquent tous les Québécoises et les Québécois qui y vivent que le français y a le même droit de cité qu’ailleurs au Québec. Ainsi, il faut sans doute voir à corriger le sous-équipement chronique qui est le sien dans tous les domaines, mais en particulier dans celui de l’enseignement et de la culture. Il faut reconnaître que l’absence de diplômes d’études secondaires chez 43 % des jeunes de 15 à 24 ans est catastrophique, car sur le plan linguistique et culturel, ils doivent affronter des obstacles supérieurs à ceux de bien d’autres régions du Québec. Le Pontiac est un autre exemple de région dont le portrait linguistique doit être établi et où des mesures doivent être prises pour mettre fin à la perte d’influence et de prestige de la langue commune qu’illustre le fait que certains jeunes doivent fréquenter une école ontarienne. »

La seule et unique recommandation, la dernière des 149 recommandations du rapport, que font les commissaires à la suite de ce constat particulier de la précarité de l’Outaouais est de proposer au gouvernement du Québec « que les conditions du progrès de la langue officielle et commune soient répertoriées pour chacune des régions administratives du Québec afin de servir à l’élaboration des stratégies linguistiques à venir ». C’est bien peu, vous en conviendrez ! Des constats, des analyses, des répertoires, des études, des rapports, des mémoires, des inventaires, l’Outaouais en a déjà écrit et présenté plus d’un au gouvernement du Québec !!!

Nous voyons mal comment une telle recommandation pourra pour l’Outaouais corriger le sous-équipement chronique qui est le sien dans tous les domaines, mais en particulier dans celui de l’enseignement et de la culture. La situation linguistique et culturelle de l’Outaouais réclame bien plus qu’un autre répertoire, la langue anglaise récupérant, selon le recensement fédéral, 100 % du solde des transferts linguistiques alors que la langue française est en perte nette de 6 % à cause de l’assimilation des francophones.

La question demeure entière 0 qu’entend faire « précisément » le gouvernement du Québec pour l’Outaouais ? La rapport Larose n’y répond pas...

*Président, Impératif français

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