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Le retour du canadien
N° 243 - octobre 2005
Livre : Pour qu’arrive le grand soir
Au soir du grand soir
Ginette Leroux
Tout a commencé entre minuit et une heure, le 25 décembre 1946. Pour le dire autrement, j’avais déjà onze ans lorsque je suis née, propulsée dans l’existence par une soudaine prise de conscience du monde et de moi-même », écrit Andrée Ferretti en ouverture de son livre, Pour qu’arrive le grand soir.

Ces propos intimistes ne laissent planer aucun doute sur la personnalité de l’auteure. Celle qui régla ses comptes avec Dieu en sortant de l’église ce soir-là, fit de même des réprimandes de sa mère qui, pour calmer ses ardeurs et lui éviter les flammes de l’enfer, la mit pensionnaire chez les religieuses. « Ce fut ma chance », constate-t-elle, car les étagères remplies de la riche bibliothèque du couvent lui firent découvrir la lecture, une activité qui se transforma rapidement en une passion dévorante. Vouloir tout connaître pour pouvoir tout révolutionner devint sa devise.

De là à vouloir prendre le destin de sa nation sur ses épaules, il n’y a qu’un pas. Qu’elle franchit ardemment. « Mon écriture, dit-elle, est avant tout, comme mon action politique, l’expression de mon puissant désir de révolution, l’expression d’une vie surabondante qui tient tout autant de mon énergie que de la pensée et de l’art. C’est un débordement. »

Andrée Ferretti est une femme dont l’engagement indépendantiste se reflète autant dans ses écrits que dans ses actions. Elle fut présente aux premières heures du RIN (Rassemblement pour l’indépendance nationale) au côté de Pierre Bourgault, emprisonnée durant les Événements d’Octobre. Mais rien n’éteint sa ferveur. Sans relâche, elle prononce discours et conférences dans les assemblées publiques et politiques, puis publie quelques essais politiques.

Les Grands Textes indépendantistes, colligés en collaboration avec Gaston Miron, resteront la publication la plus marquante de sa vie militante, constituant « l’histoire la plus complète des luttes plus ou moins populaires, mais permanentes, menées pour la pleine maîtrise du destin national ». Se sont ajoutés deux récits et un roman remarquables.

Andrée Ferretti est la femme d’une seule voix, celle qui crie son amour du Québec et d’un seul combat, celui de sa libération et de son épanouissement. Ce livre a été écrit d’un seul souffle, celui de l’espoir pour qu’arrive le grand soir tant attendu par le peuple québécois.

Pour qu’arrive le grand soir, Andrée Ferretti, Trois-Pistoles, 2005

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