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Madame Larigueur
N° 242 - septembre 2005

L’été qui s’achève
François Parenteau
Avant de reprendre le fil de l’actualité, il est bon de récapituler un peu ce qui s’est passé cet été parce que, des fois, on ne porte pas toujours attention. Au début des vacances, quelques militants voulant redonner l’accès au fleuve aux citoyens et qui proposent que plusieurs plages soient ouverte sur l’Île de Montréal ont plongé dans l’eau au bout du quai dans le vieux port pour montrer que le fleuve était bel et bien baignable. Quelques mois plus tard, des marins turcs sont venus apporter leur appui au projet.

Il y a eu Karla Homolka qui est sortie de prison. C’était la grosse manchette. Les journaux en faisait leur une, les bulletins de nouvelles commençaient par ça. Pourtant, un sondage démontrait qu’une majorité de Québécois et même de gens de la ville de Longueuil se foutaient complètement de ce qui pouvait arriver à Karla Homolka. Alors, soit que ceux qui décident de ce qui va passer aux nouvelles sont des obsédés sensationnalistes, soit que les gens qui répondent aux sondages sont des menteurs. Remarquez, l’un n’empêche pas l’autre.

Il y a eu des morts aussi, comme tous les étés. Plein de morts en voiture, en vélo, en sea-doo, en avion, et même des gens qui étaient tranquillement dans leur appartement à Paris . Et puis, il y a les victimes du terrorisme à Londres et en Irak. D’ailleurs, ce serait intéressant de faire le décompte. Combien le terrorisme fait de morts et combien sont causés par la pingrerie de bons capitalistes occidentaux qui ne font pas entretenir leurs avions et qui laissent des immeubles devenir des « nics-à-feu » surpeuplés ? Idée de sketch: un terroriste tente de détourner un avion mais le pilote lui annonce qu’anyways, il va s’écraser.

D’ailleurs, afin de prévenir ces attentats, Jean Lapierre veut installer des caméras partout. En même temps, les jeunes libéraux proposent que le « string qui dépasse du jean à taille basse » soit proscrit dans nos écoles. Jean Lapierre sera sans doute déçu. Quoique, si on interdit le string qui dépasse, j’ai l’impression que la solution que choisiront nos jeunes filles gavées de vidéoclips salaces, c’est qu’elles finiront simplement par ne plus porter de petite culotte du tout.

Avez-vous remarqué, d’ailleurs, à quel point le tissu est devenu un sujet chaud et hautement politique ? On se bat pour que des femmes au Moyen-Orient puissent enlever leur voile, et on débat pour que les jeunes occidentales aient un peu de décence dans leur habillement. Décidément, le droit de faire bander est à la femme ce que la liberté d’entreprise est à l’économie. Quand il n’y en a pas assez, c’est le marasme, et quand il y en a trop, c’est le bordel.

Parlant de séduction féminine, je ne pouvais pas ne pas parler de Michaëlle Jean. Je rappellerai à tous que, lors de ma dernière chronique avant les vacances, j’ai parlé de Michaëlle. Je la suggérais pour succéder à Bernard Landry, en disant que ça serait agréable de la voir plus souvent et que ceux qui aiment bien accuser le mouvement indépendantiste d’être raciste seraient enfin mal pris. Est-ce que Paul Martin est encore à l’écoute, ce matin ? Beau coup, mon Paul. Mais moi, j’avoue, la nouvelle m’a désolé. C’est éminemment une bonne femme pour le poste. J’espérais seulement que ce n’était pas un poste pour la femme.

Des souverainistes ont fait parler d’eux en révélant les prétendues amitiés séparatistes et même felquistes du nouveau couple vice-royal, dans le but de couper court à ce coup de marketing de Paul Martin en faisant rejeter son choix par le Canada anglais. Sauf que la balloune leur pète dans la face puisque la belle rétorque qu’elle n’a jamais été de leur bord. Et dans les médias, on les a rapidement rabroués en prenant bien soin de les désigner comme étant des purs et durs et en allant jusqu’à déraper dans les accusations de racisme. Wow !

Dieu sait que je suis loin d’être un pur et pour ce qui est d’être dur, ça dépend avec qui. Sauf que si tout le monde chez les souverainistes croyait Michaëlle Jean de leur bord, c’est qu’il doit y avoir quelque chose. Pardonnez-moi si je fais du lèse-majesté mais la nouvelle gouverneure générale a été une agace politique. Et à voir la force de la réaction, en voyant que Michaëlle a choisi le puissant fédéral, c’est simplement que les souverainistes sont en peine d’amour. Alors, s’il vous plaît, un peu de compassion... Et puis, chers purs et durs, n’allez pas brûler toutes vos chances. Dans quelques années, son mandat sera fini. Peut-être pourrait-elle revenir à son ancien flirt...

Texte lu à l’émission du 20 août

de Samedi et rien d’autre animée par Joël Le Bigot sur les ondes de Radio-Canada.

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