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Madame Larigueur
N° 242 - septembre 2005

Charles le Québécois un téméraire contemporain
Ginette Leroux
Après s’être longuement fait prier, Charles montra enfin son crâne visqueux entre les cuisses de sa mère tordue de douleur.(…) La journée du 11 octobre 1966 venait de commencer. » Ainsi s’ouvre l’ambitieuse trilogie d’Yves Beauchemin, Charles le téméraire, dont le premier tome, Un temps de chien, paru à l’automne 2004, raconte l’enfance et l’adolescence de Charles Thibodeau.

Dans Un saut dans le vide, le tome deux, publié en mai 2005, on le retrouve à 20 ans.

Yves Beauchemin situe son histoire dans le Centre-Sud, un quartier ouvrier de l’Est de Montréal où les abus physiques, l’alcoolisme, la pédophilie et l’exploitation des enfants par des gens véreux sont monnaie courante. Charles, une âme sensible au caractère instable, n’y échappe pas. Il a 4 ans lorsque sa mère meurt. Son père, incapable de faire face à cette épreuve, se réfugie dans l’alcool. Inapte à s’occuper de son fils, il est confié aux Fafard, une famille où il parviendra à s’épanouir.

Charles est un obstiné. Contre vents et marées, il tient à bout de bras la tristesse qui « empoisonne » sa vie depuis l’enfance. Ses soucis seront combattus par un besoin immense de vivre et de se réaliser. Il choisit l’écriture pour se lancer à la conquête de Montréal.

Le deuxième tome débute en 1986. Charles a 20 ans et une carrière d’écrivain naissante. Il est rapidement confronté au monde de l’édition. Les difficultés qu’il a eues lors de la publication de son premier roman réfrènent son ardeur. Pour gagner sa vie, il se fait alors aboyeur, travaille comme électricien dans une secte, journaliste à la pige dans un hebdo de quartier. Après une feuille de route chargée d’aventures rocambolesques dont les expériences de vie se révèlent plus fortes que ses expériences de travail, il devient journaliste dans un journal à potins, propriété de Pierre Péladeau.

Grandement influencé par la lecture de la Comédie humaine de Balzac, Charles se donne comme mission « d’immortaliser le Québec contemporain » comme l’avait fait le célèbre auteur de la société française de son époque. On peut se demander si la trilogie que nous propose Yves Beauchemin n’aurait pas les mêmes aspirations.

Par l’intermédiaire de son héros, Yves Beauchemin nous fait revivre les événements qui ont marqué l’histoire du Québec des années 1970 et 1980, que ce soit la Crise d’octobre, la prise du pouvoir par le Parti Québécois en 1976, le référendum de 1980. La grande histoire du Québec est vue à travers la lorgnette de la petite histoire d’un quartier ouvrier de Montréal et ses personnages hauts en couleur, dont Fernand Fafard, le père adoptif de Charles, un ardent souverainiste qui lui transmet ses opinions politiques tranchées.

Tout au long des deux romans, Charles affronte avec témérité les événements de sa vie personnelle et, à la fin du deuxième tome, on le sent prêt à relever des défis majeurs. Comme le Québec !

La saga se poursuivra à l’hiver 2006 promet l’auteur.

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