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Couillard d’arabie
N° 241 - juillet 2005
Même la petite enfance le sait...
Négocier ce n’est pas parler tout seul !
Stéphanie Beaupied
Les éducatrices en garderie iront jusqu’au bout. Depuis l’existence des Centres de la petite enfance (CPE), les techniciennes se battent pour faire reconnaître leur métier. Issues d’actions communautaires, les CPE ont eu la vie dure ou plutôt les « femmes qui ont fait vœux de pauvreté pour offrir des services à d’autres femmes ont eu la vie dure », nous déclare Claudette Carbonneau, la présidente de la CSN, qui nous accordait une entrevue au moment de la rupture des négociations avec le gouvernement, le 14 juin dernier.

L’histoire des CPE est un long combat qui perdure depuis plus de 30 ans pour faire reconnaître une profession féminine. « Pendant longtemps, raconte Mme Carbonneau, elles ont géré des choix déchirants entre l’achat de jouets ou les conditions des travailleuses. Elles ont arraché des 10 cents l’heure d’augmentation. »

En 1990, les travailleuses ont accès à des subventions directes du gouvernement pour de la formation et des congés de maternité. « En 1994, ajoute Mme Carbonneau, c’est leur premier gain salarial, un dollar l’heure. Enfin, en 1999, les éducatrices en garderie obtiennent une échelle salariale qui permet des hausses de salaires et engendre plus d’égalité entre les travailleuses, mais toujours avec la promesse d’une équité salariale » précise la présidente de la CSN. Depuis, c’est l’attente.

Pour les éducatrices en garderie, les travaux de classement sont complétés et le dossier est ouvert depuis l’année 2000. Il reste à savoir si la loi sur l’équité salariale sera bel et bien appliquée. « Est-ce que le gouvernement va encore se cacher ? », s’indigne Mme Carbonneau.

« Les ministres libéraux ont dit qu’ils respecteraient la loi votée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 1996 », ajoute-t-elle. Mais la donne change lorsque le gouvernement revêt le chapeau d’employeur « Il faudrait qu’il accepte de signer un chèque pour enfin la réaliser, cette équité ! »

Exaspérée de retourner à la case départ, Mme Carbonneau, explique que le gouvernement s’est retiré à la dernière minute de la table des négociations sans faire de nouvelles propositions, motivant les éducatrices à entamer 4 jours de grève supplémentaires.

« Je veux bien retourner à table des négos, mais on ne peut pas négocier avec nous-mêmes ! Nous, on a développé des pistes de solutions », affirme la présidente de la centrale qui évaluera avec les éducatrices la possibilité de déclencher une grève générale dans les CPE. « Ce n’est pas vrai que l’on va attendre la fin du mandat de ce gouvernement pour négocier ».

Mme Carbonneau déplore les diverses tentatives du gouvernement pour discréditer les CPE avant les négociations et « la volonté de faire de la petite politique ». Déjà, l’Association des centres de la petite enfance annonce des compressions de 41 millions de dollars et la CSN prévoit des amendements à la loi sur les CPE dès l’automne. La lutte sera corsée si le gouvernement libéral persiste à s’en prendre aux CPE.

« Le mouvement est fort, affirme Mme Carbonneau, elles savent que leur lutte est juste. On ne peut pas tolérer que leur métier soit sous-évalué ». Tout laisse croire que les 7000 éducatrices mèneront la lutte jusqu’au bout et passeront fièrement le flambeau de l’équité salariale à leurs collègues de l’ensemble du secteur public dès l’automne !

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