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Couillard d’arabie
N° 241 - juillet 2005
Le virage social-démocrate est adopté par le congrès du PQ
Le préjugé favorable aux travailleurs reprend du service
Marc Laviolette
Malgré la démission surprise et consternante de Bernard Landry, chef du Parti Québécois, suite au vote de confiance à 76,2 %, les membres de SPQ Libre au 15e congrès du Parti Québécois sont sortis satisfaits du travail accompli sur le plancher afin d’adopter un programme politique extrêmement progressiste qui place le parti à gauche sur l’échiquier politique.

En soupesant les positions adoptés par les 1600 délégués du congrès, les militantes et militants du SPQ Libre ont gagné leur pari : reconnaissance des clubs politiques autonomes du sein du parti Québécois, adoption par les congressistes des positions de SPQ Libre sur les syndicats, les droits des travailleurs et le plein emploi, adoption de la position sur l’eau empêchant la privatisation. Seule la position sur l’application de la loi 101 aux cégeps francophones fut rejetée.

Rappelons que la création de SPQ Libre comme club politique a pour but de recréer au sein du Parti Québécois la vaste coalition nécessaire à la victoire électorale pour se débarrasser de Jean Charest et de gagner le prochain référendum sur la souveraineté. Le nouveau programme et les nouveaux statuts du parti seront des outils précieux pour matérialiser cette large coalition.

Sur le caractère social-démocrate du parti, l’article 10 de la Déclaration de principe du parti est sans équivoque. « Le Québec est et sera solidaire. Le Parti Québécois est social démocrate. Il vise une répartition plus égalitaire des perspectives d’avenir, des pouvoirs et de la richesse non seulement entre les groupes sociaux et entre les générations, mais également entre les régions du Québec et entre les pays du monde. »

En affirmant le caractère social-démocrate du parti, la déclaration de principe renforce la nécessité des organisations syndicales au pays du Québec. En ce sens, la proposition portée par Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA et Robert Dean, tous les deux membres du conseil d’administration de SPQ Libre, est stratégique. Le congrès l’a adoptée par une majorité écrasante.

La proposition affirme clairement qu’il faut « faire place aux travailleuses et aux travailleurs et à leurs syndicats » et que « la syndicalisation des travailleuses et des travailleurs est un élément fondamental d’une société démocratique, encore plus d’une société qui se veut sociale-démocrate ».

Conséquemment, la résolution stipule, entre autres, qu’un « gouvernement du Parti Québécois » s’engage à « renforcer l’accès à la syndicalisation » en élargissant « la définition de “ salarié ” au sens du Code du travail », à « promouvoir un principe d’équité de traitement entre les salariés sans égard à leur statut d’emploi » et à « protéger les travailleuses et travailleurs autonomes. »

Une autre proposition parrainée par le SPQ Libre, défendue sur le plancher du congrès par Jean Lapierre, l’ex-président du Syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal, et devenue article de programme, stipule que « pour établir au Québec un climat de confiance et de relations de travail favorable à un partenariat véritable et responsable dans le secteur du travail et pour renforcer un des outils de redistribution de la richesse collective les plus efficaces » un gouvernement du Parti Québécois s’engage à « s’assurer que l’ensemble de la législation ayant une incidence sur les conditions de travail soit favorable aux travailleuses et aux travailleurs et à leur droit à une représentation syndicale imputable » et « à limiter toute privatisation relative à la gestion, au traitement et à la distribution des biens publics. »

Une troisième proposition sur une politique de plein emploi, pilotée par Robert Dean, a été adoptée. Elle établit que « l’accès assuré de toute personne qui veut et qui peut travailler à un emploi décent est la voie privilégiée dans la perspective d’une distribution équitable de la richesse collective, de l’élimination de la pauvreté et du financement durable d’un système de protection sociale de haut niveau. »

La proposition oblige « le gouvernement à mettre l’emploi au cœur de toutes ses politiques économiques et sociales » et « voir à ce que toutes les politiques budgétaires, fiscales, monétaires, commerciales, industrielles, régionales, de main-d’œuvre, d’éducation et de formation professionnelle fonctionnent avec cohérence en fonction de l’emploi ».

De telles propositions sont carrément à contre-courant du néo-libéralisme ambiant et seront un ancrage précieux pour recruter des syndicalistes et progressistes et les inviter à venir militer au sein du Parti Québécois afin d’édifier un projet de pays qui liera la question sociale à la question nationale, ciment de la victoire à portée de main du mouvement souverainiste Québécois.

Avec un tel programme et une conjoncture qui historiquement n’a jamais été aussi favorable à la souveraineté du Québec, il est du devoir politique de la gauche de se sortir de sa marginalité et de contribuer avec le peuple à son émancipation nationale. L’heure est à l’action politique.

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