L'aut'journal
Le dimanche 20 octobre 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Meilleur 10 ans plus tard !
N° 239 - mai 2005

L’Uruguay déprivatise l’eau
Marie-Pierre Paquin-Boutin
Le nouveau gouvernement uruguayen entré en fonction le 1er mars dernier ne versera pas de compensations aux entreprises exploitant des concessions de distribution d’eau et d’assainissement. À une exception près, toutes pourront terminer leur contrat avant que l’État ne devienne l’unique administrateur des ressources hydriques du pays.

L’automne dernier, les Uruguayens ont simultanément élu leur premier gouvernement de gauche et voté massivement en faveur d’un amendement constitutionnel empêchant toute forme de privatisation de l’eau. L’Uruguay est devenu le premier pays à soumettre la gestion de l’eau au vote populaire et à reconnaître l’accès à cette ressource comme un droit humain fondamental.

Après ce résultat sans équivoque, restait maintenant à savoir ce qu’il adviendrait des compagnies privées établies au pays. À ce sujet, l’amendement voté par référendum populaire demeurait flou et laissait place à diverses interprétations.

De l’avis de certains, l’amendement rend caduc tout contrat d’exploitation privée et les entreprises doivent être indemnisées puisque la loi les oblige à cesser leurs activités. Selon cette interprétation, l’État est le seul gestionnaire des services de distribution d’eau et d’assainissement depuis le vote du 31 octobre 2004.

Pour d’autres, cette rétroactivité n’a pas lieu d’être et les compagnies privées sont en droit de terminer leur contrat qui ne sera pas renouvelable. Dans ce cas, l’État prend graduellement le contrôle complet des ressources hydriques.

C’est l’option qu’a finalement retenue le nouveau président uruguayen en annonçant son intention d’honorer les contrats en cours si les entreprises remplissent leurs engagements. En campagne électorale, Tabaré Vazquez avait laissé la porte ouverte à une interprétation plus souple de la loi pour éviter d’avoir à dédommager les 14 entreprises pour bris de contrats. Compte tenu de l’état désastreux des finances du pays depuis la crise économique de 2002, un tel scénario aurait été invraisemblable.

Une seule compagnie a annoncé son intention de quitter le pays avant la fin de son contrat. Filiale du consortium espagnol Aguas de Bilbao, l’entreprise Urugua exige une indemnisation de 22 millions de dollars au gouvernement uruguayen pour l’avoir mis hors la loi avec l’adoption de l’amendement constitutionnel.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.