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Vivement le CHUM
N° 238 - avril 2005
La fleur et le pot
Gérard Filion le bienheureux
Jacques Ferron
Gérard Filion écrivait avec humeur, disant fortement le peu qu’il pensait. Il a réglé le cas du fameux retour à la terre, conseillant de le faire dans son jardin ou dans un pot de fleurs. Puis, il a quitté son petit bureau du Devoir et s’en est allé dans une Cadillac, conduite par un chauffeur. Diplômé de l’École des hautes études commerciales, il était normal qu’il s’occupe de finance et de commerce.

Originaire de l’Île Verte, on a prétendu qu’il l’avait fait surtout avec le génie des grands financiers et des grands commerçants de son village. Il a eu la rhétorique plus rare. La dernière fois que je l’ai lu, il s’agissait de Henry Ford qui, avec ses modèles populaires, aurait été plus utile à l’humanité que bien des écrivains et philosophes en faisant le bonheur de petites gens qui, sans lui, n’auraient pas eu les moyens de voyager.

Depuis, on n’a plus entendu parler de Monsieur Gérard Filion qui, aux dernières nouvelles, continuerait de faire son bonheur, lui, en Cadillac.A mon opinion, le survenant de l’Île Verte, du fumier encore après ses bottes, a déconné. Son éloge surprenant laissait prévoir qu’en finance et en commerce, il ne serait pas fortiche. Et il ne semble pas qu’il l’ait été. […]

Peut-être commence-t-il à revenir sur ses paroles en trouvant qu’il y a trop de gens sur les routes, surtout ceux qui roulent sans savoir où ils vont et qui reviendront sans être allés nulle part ? Beaucoup des chauffeurs du dimanche ne font que cela et recommenceront, le dimanche suivant. Est-ce cela le bonheur ? Alors mon Dieu! c’est peu, vraiment peu ! Mais les gens à Cadillac se font peut-être l’idée que les gens à p’tites Ford, encore sur la Finance, sont faciles à satisfaire et que leur promenade du dimanche, cette tournée insensée; suffit à rendre les gens heureux-heureux, comme ils n’auraient pas pu croire. Et pas de flatte, pensez-donc !

Extrait d’un texte paru sous le titre Les bienheureux du dimanche dans Le Canada français (19 septembre 1972), p. 18.

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