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Vivement le CHUM
N° 238 - avril 2005

Peut-on breveter le vivant ?
Jade Landry-Cuerrier*
Le 14 mars dernier, une quarantaine de personnes s’étaient regroupées au bar Le Grimoire, lors de la première de Cinéma Politica-UQÀM, pour visionner le documentaire percutant intitulé « Le bien commun, l’assaut final » de Carole Poliquin.

Un film dénonçant le totalitarisme du marché de l’homme d’affaires et prévenant que la privatisation générale de la vie n’est plus très loin. De nos jours, tout devient objet de commerce. Pourtant, selon la réalisatrice, la notion de bien commun est essentielle à la survie de notre espèce. Son film identifie quelques biens communs dorénavant ciblés par les actionnaires: l’eau, les connaissances ancestrales sur les plantes médicinales, les semences, les gènes, les services publics et les médicaments.

Après la projection, le public était invité à poser quelques questions à la réalisatrice. Lorsqu’on lui demande ce qu’il advient des brevets sur le vivant, Mme Poliquin affirme qu’il faut absolument les remettre en question. Le vivant existe déjà dans la nature, ce n’est donc pas une invention. Présentement, on adapte au vivant les procédés de l’industrie. Dans les années 80, il y a eu jurisprudence permettant de breveter une bactérie, sous prétexte qu’elle est tellement petite qu’elle s’apparente davantage à une molécule chimique qu’à un organisme vivant. C’est insensé! Au Canada les organismes multicellulaires ne sont pas brevetables, mais les séquences de gènes le sont.

Lorsque l’on s’informe de son avis concernant les partenariats public-privé, Mme Poliquin expose qu’il s’agit d’un début de privatisation. Comment une compagnie peut-elle prendre sa part de profit et offrir un meilleur service, alors qu’elle fonctionne à partir du même budget de base que l’institution publique ? On diminue alors la qualité du service offert et des conditions de travail des employés.

Lorsque l’on veut savoir si les baisses d’impôts favorisent réellement le réinvestissement dans l’économie locale, Mme Poliquin soutient que non. Il y a présentement surenchère des gouvernements pour attirer les multinationales chez eux. Les crédits d’impôts promis videront les coffres de l’État, augmenteront le déficit et appauvriront la société, alors que les multinationales réinvestiront leurs profits dans l’économie spéculative. Une richesse réelle est donc transférée des travailleurs et des contribuables aux actionnaires.

Lorsque l’on s’enquiert si la mobilisation citoyenne est la solution, la réalisatrice nous encourage à ne pas lâcher, mais envisage une vision du futur plutôt pessimiste. En effet, Mme Poliquin croit qu’une crise économique nous pend au bout du nez. Le système capitaliste spéculatif actuel finira par s’effondrer et on assistera alors à des pénuries, suivies de guerres ayant pour objets l’eau et la nourriture. Comme solutions potentielles, elle nous propose un retour à l’économie locale et aux systèmes d’échanges locaux, une mise au point sur les besoins de la communauté, une recherche de solutions locales, ainsi que la mise en place de structures de production et de troc de nourriture. Vendez vos REER et achetez des terres, qu’elle disait !

* étudiante au doctorat en psychologie et membre du comité organisateur de Cinéma Politica-UQÀM, www.cinemapolitica.org cinemapoliticauqam@yahoo.ca

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