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Vivement le CHUM
N° 238 - avril 2005
Le ministre ne répond ni aux besoins du présent ou de l’avenir
Mulcair n’a rien d’un développement durable
André Bouthillier
Moi, j’étais ému. Je ne sais pas si de votre côté du journal, vous avez pu sécher cette larme probablement versée lors de l’annonce que le Québec sera dorénavant recouvert sous le voile protecteur du développement durable ? Mais moi, j’ai craqué! Je l’avoue et je n’étais pas le seul qui durant quelques heures a pris son rêve pour une réalité. Imaginez ! L’appétit des promoteurs et profiteurs serait dorénavant tempéré par des règles, inventées par l’Alliance mondiale pour la nature, dont la principale se définit comme suit: « Est durable, un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ».

L’avant-projet de loi, présenté par Thomas J. Mulcair, n’a pour le moment aucune valeur juridique et sera sans application avant les prochaines élections. Il est flou et vise plutôt des objectifs que des réalisations précises. Il serait trop long de décrire ici l’avant-projet de loi, mais je vous incite à le lire attentivement (disponible sur le site du gouvernement) pour vous rendre compte que ce plan est frauduleux. Il détourne même les promesses du plan vert Libéral de la dernière élection. Le commissaire qui devait s’occuper du plan vert s’occupera maintenant du développement durable. Il sera donc un arbitre afin que l’environnement ne nuise pas à l’économie. Du plan vert, il ne reste qu’un fonds vert, c’est-à-dire, en gros, une tarification à tous les citoyens qui utilisent de l’eau.

Voici un exemple qui démontre bien l’intention gouvernementale. Récemment, le mot environnement disparut par enchantement du titre du ministère. Bien sûr, un tollé de protestations a réussi à faire revenir le mot Environnement dans le nom du ministère. Mais la bourde exprimait exactement ce que pensait le Premier ministre. D’ailleurs, c’est à la suite du jugement de la Cour qui donnait raison aux résidents demeurant aux abords d’une piste de motoneige que le Premier ministre déclara à la télévision « Nous allons tout faire pour que l’industrie de la motoneige soit durable pour les générations futures ». Pas un mot quant à l’environnement des gens. Quel cynisme !

Quant à la loi sur la qualité de l’environnement, celle qui dicte que nul n’a le droit de polluer à moins que le ministre émette un permis à cette fin, elle serait désormais sous le joug de la loi du développement durable. Pour la « Politique nationale de l’eau » qui déjà n’est pas une loi, imaginez-la enfouie dans le charabia du développement économique.

Le sérieux de l’annonce du projet doit être mesuré au sérieux du porteur de ce message. Dès sa nomination au conseil des ministres, les chroniqueurs politiques font un portrait de l’homme qui n’a rien d’édifiant. Ils le présentent même comme un « pitbull ». Certains vont jusqu’à dire que Mulcair « horrifiait littéralement l’Assemblée nationale par sa brutalité, voire sa vulgarité ». Sa tendance à dire des choses qui sont contredites par d’autres ministres nous laisse songeurs. Sa façon de railler publiquement les groupes environnementaux qui ne sont pas d’accord avec lui et de les traiter d’extrémistes n’améliore en rien le débat public.

Pour mieux comprendre l’état d’esprit de ce serviteur du peuple, il faut lire le jugement que la Cour supérieure vient de rendre contre Mulcair, en lui imposant une peine de 95 000 $ pour avoir injurié un ancien député. Le jugement dit: « La conduite (du député) est malveillante, abusive et choque le sens de la dignité de la Cour… L’association que M. Mulcair fait de la conduite de M. XXX et d’un acte criminel, les accusations sans fondement qu’il porte, son souhait de le voir en prison, l’insouciance et l’imprudence qu’il manifeste devant les démentis apportés sont autant de signes d’une conduite malveillante et abusive que la Cour doit sanctionner. »

Il semble bien qu’il ne faudrait pas voir en Mulcair un amoureux de la nature qui piaillait d’impatience à l’idée de mettre les pollueurs aux pas. L’ensemble du portrait suffit pour miner la crédibilité du ministre. Comment croire en ce porteur de dossiers. Sa présentation d’un plan de développement durable ressemble plutôt à une véritable fraude morale, à une récupération politique éhontée et à un manque d’éthique politique.

Note au lecteur : Afin de faciliter la lecture, chacune des références précises n’apparaît pas dans le texte. Elles proviennent du site de référence d’ Eau Secours ! - La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau à : www.eausecours.org

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