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N° 237 - mars 2005

Le coup de la Gomery
Gérald Larose
La Commission Gomery, malgré ses vertus démocratiques incontestables, dégage un relent de colonialisme. Le témoignage de Jean Chrétien en est la preuve. Celui de Paul Martin le corrobore. Les principaux agressés sont le peuple québécois et son mouvement de libération nationale, mais aucun n’y est représenté et ne peut s’y faire entendre. Tout se passe entre fédéralistes. Le mandat a été défini par les fédéralistes. Le juge et son personnel ont été nommés par les fédéralistes. Le procureur principal, ancien chef de cabinet du premier ministre conservateur, est fédéraliste. Les interrogés sont fédéralistes et le Bloc s’étant vu réduit à jouer un rôle périphérique, on n’y entend aucun autre point de vue que celui des fédéralistes.

Le véritable crime est qu’une nouvelle fois dans l’histoire canadienne – et les précédents sont nombreux : coup de la Brinks, incendie de bâtiments, vol des listes du Parti Québécois, rédaction de faux communiqués, arrestations massives de citoyens et de citoyennes en 1970 –, le gouvernement canadien a mené clandestinement (le parlement n’en a jamais été informé), illégalement (des lois et règles ont été violées) et illégitimement (le projet de l’indépendance du Québec est légitime même aux yeux de la Cour suprême du Canada) une agression contre le peuple québécois et sa démocratie. Or, d’aucune manière, il n’est représenté à la Commission.

Des questions graves demeureront sans réponse. En vertu de quel pouvoir démocratique le gouvernement central d’un État fédéral comme le Canada peut-il investir, pour soutenir son intervention dans un débat propre à un État membre, des fonds publics qui lui sont fournis par l’ensemble des États membres, y compris celui à l’intérieur duquel il veut agir sans y avoir été invité et en violation des lois existant dans cet état membre ?

Dans son rapport final, le juge Gomery ne répondra pas à ces questions parce que, pris à leur propre piège, empêtrés dans leurs mensonges et obligés de s’expliquer, les auteurs du crime et du mandat de cette commission ont dissimulé les véritables victimes de l’agression dans l’angle mort de la commission, soit les citoyennes et citoyens du Québec.

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