L'aut'journal
Le dimanche 17 février 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
La croix du CHUM
N° 236 - février 2005

Le CHUM en Ontario
Gilles Derome
Celui qui préfère le site Outremont affirme de ceux qui ont arrêté leur choix sur celui du Centre-ville qu’ils sont nés pour un petit pain de misère alors que ces derniers accusent leurs détracteurs de ne favoriser que l’élite du pain doré. Il faut être centre droit ou centre gauche. C’est souvent de cette façon que le journalisme publicitaire fabrique la nouvelle : blanc ou noir, bon ou méchant. Le journalisme pressé évite d’explorer les zones grises. Elles ne sont pas rentables pour accrocher ou brasser l’opinion.

Lançons une rumeur. D’après cette dernière, le Gouvernement de l’Ontario préparerait un grand projet universitaire et médical, une manière de Chum, et s’apprêterait à verser plusieurs milliards afin de garder sur son territoire les professeurs les plus compétents du Canada et les médecins les plus habiles.

L’Ontario s’apprêterait également à dépenser presque deux milliards pour ses hôpitaux anglophones et le même montant pour ses hôpitaux francophones. Dans une province où le pourcentage des francophones est plutôt faible, cela semblerait une injustice commise envers les anglophones. Une situation intolérable à dénoncer. Les gouvernements doivent apprendre à dépenser en tenant compte du nombre qui départage les groupes de ses payeurs de taxe. Il ne serait donc pas justifié que l’Ontario débourse autant d’argent pour une minorité que pour sa majorité.

Lançons une autre rumeur. Si un phénomène semblable se produisait au Québec, la minorité anglophone s’empresserait de refuser une somme beaucoup plus grande que celle à laquelle elle est en droit démocratiquement de s’attendre. Encore une fois le fair-play britannique triomphe ! pourrait titrer The Gazette à la une. On aimerait pouvoir le croire. Cicéron a écrit qu’à la différence de ceux qui disent qu’il y a des propositions certaines et d’autres incertaines, lui il soutenait qu’il y en a de probables et d’autres qui ne le sont pas.

Le vrai débat dans la saga de notre Chum se tient au niveau du nombre. L’enjeu n’est pas de choisir entre plaire à un généreux donateur de l’Université de Montréal ou déplaire à des députés, fédéraux ou provinciaux. Ou l’inverse. L’enjeu est de se demander si le majoritaire malade sera aussi bien et aussi facilement soigné que le minoritaire favorisé par deux Chums dans sa cour.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.