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La croix du CHUM
N° 236 - février 2005

Sir George-Étienne, le mari de Lady Cartier
Ginette Leroux
Les éditions du Boréal ont eu la bonne idée d’offrir une seconde vie à George-Étienne Cartier, bourgeois montréalais, de l’auteur Brian Young, professeur d’histoire du Québec à l’Université McGill et récipiendaire en 2003 du prix Gérard-Parizeau pour sa « contribution remarquable à l’histoire économique et sociale du Québec ».

Beaucoup d’ouvrages ont paru sur George-Étienne Cartier. Dans la préface de la nouvelle édition, André Champagne, professeur d’histoire au collège Brébeuf, aide à cerner l’originalité du travail de l’auteur. « Dans ce livre, écrit-il, Brian Young présente Cartier comme un grand avocat montréalais étroitement mêlé aux milieux financier et politique. » « L’auteur a réussi le tour de force d’intégrer à son livre des éléments de la vie privée de Cartier qui ne cachait pas son penchant pour les femmes et les mondanités », ajoute l’historien.

Fin observateur, le biographe passe d’abord sous sa loupe les origines du personnage. Fier descendant de quatre générations de marchands, Cartier, riche bourgeois qui fit son cours classique chez les Sulpiciens au Collège de Montréal, ne pouvait qu’épouser une profession libérale, délaissant sa ruralité natale pour exercer sa profession à la ville et ainsi suivre son penchant pour la vie flamboyante montréalaise.

D’ailleurs, en 1845, dix ans après la débandade des patriotes et son exil aux États-Unis, Young montre l’avocat devenu riche propriétaire urbain, capitaine de milice, marié à Hortense, la fille du libraire Fabre, une famille très en vue, et député à l’Assemblée législative. À cet « anglophile avoué » profite la période qui suivit l’Acte d’Union, marquant un tournant dans l’histoire de la bourgeoisie montréalaise. Dehors Papineau, tories et séparatisme ! Place à La Fontaine et à son conservatisme, à Cartier et au fédéralisme ! Ce dernier prit part à l’émergence des nouvelles institutions sociales et économiques. La suite n’est qu’Histoire.

Pour celles et ceux qui ont apprécié Lady Cartier, le roman historique de Micheline Lachance paru l’automne dernier, ce livre constitue un complément idéal. « Il passa ses sept derniers mois à Londres, dans l’univers qu’il affectionnait : celui de Luce Cuvillier, de ses filles, de son valet, de ses amis et associés, de Westminster Palace, du Colonial Office et des clubs qu’il avait fréquentés », conclut Brian Young. Ne reconnaissez-vous pas l’homme que vous avez aimé détester ?

George-Étienne Cartier, bourgeois montréalais, Brian Young, réédition Boréal, 2004

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