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La croix du CHUM
N° 236 - février 2005

Chapeau les 34 de la United Aircraft !
Paul Rose
Je suis ici aujourd’hui pour les 34 travailleurs de la United Aircraft qui ont marqué le Québec, en 1974, dans une des grèves les plus importantes pour deux raisons.

À cause d’une nouvelle forme de lutte, l’occupation d’usine, dans une des usines à la plus fine pointe de la technologie du Québec d’alors, avec les travailleurs des plus qualifiés du Québec à l’époque. Une des usines par laquelle l’empire américain qu’on connaît aujourd’hui a essayé, en s’y cassant les dents, d’implanter au Québec sa culture patronale et de contrer les lois du travail. Un moment extrêmement important parce que cette tentative de domination aurait pu constituer le début d’un impérialisme victorieux sur l’ensemble de nos conditions de travail au Québec. Et pour ça, là-dessus, chapeau les 34 !

Cette grève a marqué la jonction entre les luttes sociales, les luttes syndicales et la lutte nationale au Québec. C’est cette jonction qui a fait débloquer toute la question nationale de l’époque et qui a fait que deux ans plus tard, un parti indépendantiste a pris le pouvoir. À l’époque ce parti-là a pris le pouvoir en faisant la jonction avec les luttes populaires. Depuis ce temps-là, il a perdu pas mal de plumes…

Les 34 gars qui ont occupé l’usine se sont fait matraquer à l’intérieur de l’usine par les policiers parce que les ordres venaient de haut. Et quand les ordres viennent des États-Unis, notre petit Jérôme Choquette (ministre de la Justice), qui faisait son brave pendant les Événements d’octobre, s’est vite mis à genoux devant eux pour vous faire matraquer.

Malgré tout, le syndicat a maintenu le cap, avec certaines concessions, faut le reconnaître. Mais il a maintenu le cap, c’est ça qui est important, majeur. Et je remercie les 34 d’avoir quelque part cédé leur liberté…parce qu’ils ont fait de la prison de la plus mauvaise façon – s’il y a une bonne façon d’en faire – …et d’avoir en même temps laissé tomber leur sécurité matérielle, personnelle, pour sauver l’ensemble des travailleurs de cette industrie-là. Quelque part, ils se sont sacrifiés, comme beaucoup de Québécois, comme beaucoup de Québécoises l’ont fait au cours de l’Histoire du Québec…

Vous étiez des travailleurs très qualifiés à la fine pointe, donc c’est un grand sacrifice que vous avez eu à faire en renonçant à réintégrer l’usine à la fin de la grève. Et quelque part, je pense que ça a été un sacrifice plus important que la liberté.

Je voulais remercier tout particulièrement parmi les 34, les deux gars que j’ai connus quand je suis sorti de l’ombre : Jean-Claude Sperano et Jean-Louis Blanchette, que j’ai connus dans des luttes de libération des travailleurs et de libération nationale. Je voudrais remercier aussi des gens que j’ai connus avant la grève, avant mon arrestation. Je parle de Jean Pageau, de sa famille avec laquelle j’allais me ressourcer dans les années 68-69, dans mes années légales! (rires dans la salle). Une de ces familles de batailleurs et de travailleurs de la Rive-Sud de Montréal qui a fait en sorte qu’on a remis en place cette fête des Patriotes à St-Denis, parce que cette fête n’existait pas avant 68-69. Enfin je veux remercier Hubert Turbide, un compagnon d’enfance et d’école que j’ai eu le plaisir de rencontrer tantôt derrière les rideaux.

Longue lutte et continuons à nous tenir debout !

Allocution de Paul Rose lors de la soirée du 12 novembre 2004 au Medley en hommage aux 34 occupants de l’usine de la multinationale United Aircraft de Longueuil en 1974.

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