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Tonton coupe-coupe
N° 234 - novembre 2004

On joue à la bataille navale ?
Pierre Dubuc
Avec l’accident survenu au sous-marin Chicoutimi s’est posée la question de savoir si le Canada avait vraiment besoin de sous-marins. Les raisons officielles invoquées par la marine ne tenaient pas le sillage.

Que ce soit pour contrôler la zone de pêche, les déversements de pétrole ou la contrebande de drogues, les avions et les hélicoptères sont, de toute évidence, beaucoup plus efficaces.

Quant à la défense de la souveraineté canadienne dans l’Arctique, les sous-marins à propulsion diesel ne sont d’aucun secours, seuls des sous-marins à propulsion nucléaire peuvent séjourner sous la calotte polaire.

Des experts ont déclaré que la seule véritable utilité des sous-marins britanniques achetés par la marine canadienne était de servir d’appâts dans les grandes manœuvres militaires que tenaient conjointement les marines canadienne et américaine.

On croyait que c’était une blague. Mais non ! On apprend que le Pentagone a exercé des pressions considérables sur le gouvernement canadien afin qu’il se porte acquéreur de ces sous-marins précisément dans le but de jouer le rôle de la souris dans le jeu du chat et de la souris des manœuvres militaires de la marine américaine.

C’est le journaliste Ken Rubin qui, en vertu de la loi sur l’accès à l’information, a mis la main sur deux lettres de diplomates américains faisant pression sur le gouvernement canadien. La première, daté d’octobre 1996, est signée par un ancien diplomate en poste à Ottawa et co-président du Comité permanent conjoint canado-américain de la Défense et elle est adressée au ministre de la Défense Doug Young.

La deuxième, émise cinq mois plus tard, adressée au même destinataire, est signée par William Perry, le secrétaire américain à la Défense.

La marine américaine, qui possède sa flotte de sous-marins nucléaires, était, apprend-on, extrêmement intéressée à ce que le Canada acquière les sous-marins à propulsion Upholder qui sont extrêmement silencieux et difficiles à détecter. Cela rendait les jeux militaires beaucoup plus intéressant, les vieux sous-marins Oberon n’ayant plus de secrets pour les sous-marins américains.

Pour obtenir l’acquiescement canadien, les autorités américaines menaçaient de ne plus partager avec la marine canadienne les informations sur leurs opérations secrètes en eaux canadiennes.

Remarquons que ce sont les mêmes arguments qui sont invoqués aujourd’hui pour justifier l’adhésion au bouclier anti-missiles.

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