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La riposte américaine
N° 203 - octobre 2001

Un pont, deux ponts... alouette !
Stéphanie Beaupied
C’est une grande victoire pour les citoyens mobilisés contre la construction d’un pont entre Montréal et la rive sud ! La Commission Nicolet de consultation sur l’amélioration de la mobilité entre Montréal et la rive sud vient de se faire couper l’herbe sous le pied par le ministre des Transports Guy Chevrette 0 il n’y aura pas de pont !

C’est à coup de communiqués, de lettres ouvertes et de mobilisations que la coalition du CRE-Montréal (Conseil régional de l’environnement) et de 70 groupes soucieux de la qualité de l’environnement a fait reculer le gouvernement. La commission chargée d’étudier et de recevoir les projets pour améliorer la mobilité entre Montréal et la rive sud avait des idées de grandeur… avec SNC-Lavalin !

Présidée par Roger Nicolet et Gisèle Gallichan, la Commission refusait de recevoir les projets de transport en commun qu’elle considérait déjà acquis et ne voulait considérer que les projets des firmes privées. On prévoyait construire un nouveau pont à l’est du pont Jacques-Cartier et transformer la rue Notre-Dame en une autoroute. Des organismes mécontents ont protesté et le ministre Chevrette a dû mettre le pied sur le frein… de l’impopularité.

Cette décision ne devrait pas nous faire oublier que le gouvernement prévoit prolonger l’autoroute 25, construire un pont entre Montréal et Laval, prolonger l’autoroute Ville-Marie et, finalement, creuser un tunnel entre le pont Champlain et le pont Victoria ou le pont de la Concorde. Selon André Porlier du CRE-Montréal, le gouvernement favorise ces projets sans en avoir examiné toutes les conséquences. Aussi, pour le CRE-Montréal, la bataille n’est pas terminée !

Avec Mme Harel, il y en a pour tout le monde

Le 11 septembre dernier, la ministre aux Affaires municipales et de la Métropole lançait son cadre d’aménagement pour la région de Montréal. Document intéressant à plusieurs niveaux, selon M. Porlier, mais surtout contradictoire ! Il y en a pour tous les goûts. On désire renforcer les quartiers centraux de Montréal, limiter l’étalement urbain et améliorer le service de transport en commun… mais aussi moderniser les autoroutes !

Pour le CRE-Montréal, ce plan est illogique et irréaliste tant au plan financier que de ses conséquences sur l’environnement urbain. M. Porlier explique que l’établissement de mégastructures routières a un impact sur l’ensemble de l’environnement. De plus, comme on ne prévoit pas d’augmentation significative de la population dans les prochaines années, il va sans dire que les gens préféreront la voiture au transport en commun.

M. Porlier questionne la faisabilité financière d’ériger à la fois des autoroutes et des moyens alternatifs de transport et il craint que les solutions durables soient mises de côté. « Depuis quand déjà, demande-t-il, parle-t-on de prolonger le métro jusqu’à Laval ? »

Des solutions écologiquement correctes existent

Pourtant, l’Agence métropolitaine de transport a développé des solutions durables et novatrices en matière de transport dont le système léger sur rail sur l’estacade du pont Champlain, le prolongement du Métro de Longueuil et des voies réservées au covoiturage. Le CRE-Montréal espère sensibiliser la population en élargissant le débat pour élaborer une politique générale de transport en commun à une plus grande échelle que l’île de Montréal.

Une fanfaronnade du ministre Boisclair

Québec 0 l’avant-garde en matière environnementale ?

« Le Québec est un modèle ! », se vantait, il n’y a pas très longtemps, le ministre de l’Environnement André Boisclair. Ah ! Oui ? Tandis que les plus grandes villes du monde détruisent leurs autoroutes, nous en construisons ! Nos voisins américains, pourtant si contestés en matière de gaz à effet de serre, se sont aperçus que le volume d’automobiles en milieu urbain s’amplifiait avec l’ajout d’infrastructures. À Portland, San Francisco et Milwaukee, on démolit des autoroutes pour faire place aux quartiers résidentiels. À Paris et à Londres, on tente de limiter l’accès des véhicules à la ville.

Attendons d’étouffer ! Au diable, Kyoto !

Le CRE-Montréal note plusieurs conséquences néfastes à l’augmentation de la circulation automobile 0 hausse de la pollution atmosphérique, de la poussière, du bruit et du stress. À court terme, c’est la qualité de vie des citoyens qui sera affectée. À long terme, ce sont les accords de Kyoto qui se retrouvent à la poubelle.

Malgré les avertissements des scientifiques, les gouvernements continuent d’encourager des pratiques néfastes pour l’environnement global et la santé des citoyens.

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