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La riposte américaine
N° 203 - octobre 2001

La nouvelle ville de Montréal comptera moins « d’orphelin »
Gabriel Sainte-Marie

Lueur d’espoir pour les jeunes



À la veille de la naissance du Grand Montréal, le groupe Force Jeunesse s'est penché sur la situation des jeunes employés des 28 municipalités annexées. Leur rapport, La situation de l'emploi des jeunes dans les municipalités de l'île de Montréal, s'intéresse principalement aux clauses « orphelins ». Leur résultat est surprenant 0 45 % des conventions collectives en contiennent.

Mais qu'est-ce une clause «orphelin » ? Il s'agit d'une mesure qui impose des conditions de travail et de rémunération inférieures aux nouveaux employés. Afin d'identifier une telle clause, l'étude retient quatre critères 0 un salaire inférieur à l'embauche, un salaire moindre aux employés temporaires, l'absence de sécurité d'emploi pour les nouveaux employés et l'ajout de nouveaux échelons salariaux.

Le rapport nous rappelle que la naissance des clauses « orphelin» remonte principalement à la réforme Trudel. Le Parti québécois avait alors ordonné une réduction de 6 % de la masse salariale des employés municipaux.

Examinons les effets de ces clauses discriminatoires. En 1996, les cols blancs de Ville La Salle se retrouvaient avec des clauses «orphelin ». À partir de cette date, les nouveaux employés ont vu leur salaire d'entrée chuter de 22 976 $ à 17 232 $ par an. En plus de cette réduction annuelle de 5 744 $, ces travailleurs se sont retrouvés avec une progression salariale étalée sur neuf ans au lieu de cinq.

La situation n'est pas plus agréable chez les pompiers de Ville Saint-Laurent. Les pompiers engagés depuis le 23 octobre 1998 gagnent non plus 38 794 $, mais bien 30 481 $ la première année. Ces derniers se retrouvent aussi avec deux échelons supplémentaires pour atteindre le salaire maximum. Ils doivent donc patienter deux ans de plus.

Tant qu'à eux, les nouveaux cols bleus de Montréal-Nord se voient imposer quatre échelons de plus depuis l'établissement de clauses en 1997. À partir de cette date, les nouveaux employés temporaires ne gagnent plus que 75 % du salaire des employés permanents. Avant, ils en gagnaient 80%. C'est une chute de 6,25 %.

Avec la fusion

Actuellement, 45 % des conventions sur l'Île de Montréal contiennent des clauses « orphelin». Nous pouvons nous demander si les conventions collectives de la nouvelle ville en contiendront aussi. C'est le rapport de force entre syndiqués et dirigeants municipaux qui nous le dira. Il n'y en aura probablement pas. Après tout, la majorité des conventions actuelles n'en contiennent pas.

De plus, des 28 municipalités à se fusionner, la principale est l'actuelle Ville de Montréal. Presque 14 000 des 29 000 salariés du Grand Montréal viendront de l'actuelle Communauté urbaine de Montréal. C'est intéressant puisqu'aucune convention collective de la CUM ne contient de clauses «orphelin », sauf pour les policiers.

L'imposition des fusions municipales à Montréal pourrait au moins avoir cet avantage 0 la disparition des clauses « orphelin » chez ces employés municipaux. Ce serait un gain important pour les jeunes et pour le syndicalisme. L'intégration de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs d'un syndicat permet de bâtir une véritable union, et donne ainsi un véritable rapport de force.

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