L'aut'journal
Le vendredi 24 mai 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Tonton coupe-coupe
N° 234 - novembre 2004

Les cols bleus ont pris le parti de la colère froide
Vincent Larouche
Les cols bleus de la ville de Montréal n’ont pas l’habitude de se laisser marcher sur les pieds. Confrontés à une provocation sans précédent, ils se sont toutefois gardés de foncer tête baissée dans le piège qu’on leur tendait. Plutôt que de réagir sous le coup de la colère, ils s’en sont remis à leur plan d’action soigneusement préparé.

En conférence de presse, le 18 octobre dernier, le président du syndicat, Michel Parent, a dit espérer ne pas avoir à entamer des moyens de pression. « Nous essayons de contenir la colère de nos membres, mais je ne sais pas jusqu’à quand on va pouvoir les contenir. »

Les journalistes présents à la conférence n’avaient qu’une question à la bouche : les cols bleus vont ils perturber les services à la population ou faire du grabuge ? À voir l’insistance dont plusieurs faisaient preuve, on aurait dit que les médias cherchaient désespérément quelque chose à reprocher au syndicat, qu’ils présentent toujours comme un « danger public ».

Dans certains cas, cette insistance tient de l’acharnement pur et simple. Un employé du Grand Journal de TQS l’a d’ailleurs avoué à l’aut’journal. « Ça fait une semaine qu’on court après les cols bleus pour voir s’ils se « pognent le cul » comme moyen de pression. Et, à notre grande surprise, on ne trouve rien ! »

Au journal La Presse, faute de faits croustillants à se mettre sous la dent, ce sont les chroniqueurs et éditorialistes qui ont mené la charge contre le local 301. Le nouvel éditorialiste François Cardinal, spécialisé dans la politique municipale, a parlé des syndiqués comme de « chiens enragés » et d’une « minorité de privilégiés ». Rappelons que, question de privilèges, la salle de rédaction du quotidien de la rue Saint-Jacques n’est pas en reste, puisqu’on y gagne en moyenne trois fois plus d’argent que chez les cols bleus et que le syndicat y a obtenu la semaine de quatre jours bien avant les employés municipaux.

Le choix récent de François Cardinal comme éditorialiste commentant l’actualité montréalaise reflète bien le biais anti-syndical du journal. Le 8 juin dernier, alors qu’il était encore simple journaliste, il titrait, sur cinq colonnes, « Les cols bleus constitueraient la principale menace pour les arbres ». En comptant le titre, le texte et l’immense photo qui l’accompagnait, cette « nouvelle » prenait les deux tiers de la page A3, l’une des plus importantes après la une !

En lisant un peu plus loin, on apprenait que la vraie menace pour les arbres, outre leur faible résistance, est le manque d’arrosage. L’épandage d’abrasifs et le déneigement pourraient aussi nuire aux arbres à l’occasion. Puisque les cols bleus assument toutes ses tâches, Cardinal avait décrété que c’était eux la vraie menace, rien de moins ! Ses patrons semblent avoir apprécié puisque quelques mois plus tard, il était promu éditorialiste.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.