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La riposte américaine
N° 203 - octobre 2001

Brèves
Pierre Dubuc
Le fond du baril

Le ministre Gilles Baril a déclaré, selon La Presse du 20 septembre, « craindre l’effet des attentats sur les élections partielles » ! ? ! ? Que René Angélil ait décidé, après les attentats, d’abandonner les poursuites entreprises contre Michel Girouard parce qu’il est arabe d’origine, nous dit encore La Presse, c’est déjà difficile à suivre, mais dans le cas des partielles ? Ce doit être parce que le Parti québécois a déjà été associé au terrorisme et qu’on a diffusé au Canal Découverte une émission sur la guerre contre l’indépendance des Services secrets canadiens.

Cela explique ceci

Plusieurs s’étonnent et s’indignent de voir avec quelle diligence les éditorialistes de La Presse et des autres journaux de Power Corporation ont exprimé leur appui à la déclaration de guerre de George W. Bush. Un entrefilet publié le 25 septembre dans le même journal explique pourquoi tant de précipitation et de soumission.

L’articulet raconte les mesures de sécurité considérables mises en œuvre à l’aéroport de Charlevoix à l’occasion de la visite de George Bush père au domaine de Sagard de son ami Paul Desmarais, propriétaire de Power Corporation. Le fils Bush parle à son père qui parle à Desmarais qui... n’a pas besoin de parler à ses éditorialistes !

Bravo au Bloc et à Duceppe !

Nous avons sans doute été les plus virulents critiques du Bloc québécois pour son appui passé à la Guerre du Golfe et aux bombardements de la Yougoslavie. On se rappellera que lorsque cette dernière guerre, le Bloc avait surpassé les plus faucons des faucons des Américains en prônant une invasion terrestre.

Aujourd’hui, nous nous devons de saluer la prestation de Gilles Duceppe qui s’est prononcé contre l’approche du « Choc des civilisations » et toute précipitation à prendre le chemin de la guerre. Il est à espérer que le Bloc s’arrimera aux vieilles traditions pacifistes du Québec. Et que dire aux partisans du « nationalisme civique » en son sein à qui il répugnerait de se référer à de telles manifestations passées du « nationalisme ethnique » québécois ? Eh bien, qu’ils se bouchent le nez !

On va y goûter !

À voir la figure défaite du premier ministre Chrétien après sa rencontre avec George W. Bush, on comprenait que le président américain lui a sans doute expliqué pourquoi il n’avait pas remercié le Canada dans son célèbre discours devant le Congrès.

Le fait qu’il ait donné du « Brother » gros comme le bras à Chrétien ne veut rien dire. Après tout, n’avait-il pas qualifié dans un discours précédent les terroristes de « folks » ! ?

Nous saurons au cours des prochaines semaines ce que Bush a exigé du Canada. Chose certaine, ça va coûter des sous ! Il est peu probable que les États-Unis réussissent à faire financer la guerre par l’Arabie saoudite comme cela avait été le cas lors de la Guerre du Golfe !

En entrevue au Point, Paul Martin a déclaré que « ça ne sera plus jamais comme avant » ! Pressé de questions par Stephan Bureau, le ministre des Finances a même évoqué la possibilité d’un retour aux déficits budgétaires.

Deux jours plus tard, le gouverneur de la Banque du Canada et le patron des patrons, Thomas D’Aquino, ont rabroué Martin en disant qu’il n’était absolument pas question que le Canada revienne à une politique de déficits budgétaires.

Coincé entre les exigences de Washington et celles du patronat, que fera Martin ? Des compressions budgétaires dans les programmes sociaux ! Déjà, aux États-Unis, Bush a annoncé qu’il puisera dans le sacro-saint surplus de la Sécurité sociale pour financer le guerre.

Parizeau commente la démission de Bouchard

Dans un texte intitulé Note sur la stratégie politique des souverainistes, daté du 22 septembre et envoyé à Bernard Landry, Jacques Parizeau commente de la façon suivante la démission de Lucien Bouchard 0

« La déclaration de démission du premier ministre Bouchard a eu, et va avoir longtemps encore, un effet de désorientation sur une opinion publique déjà devenue sceptique à l’égard des intentions réelles du gouvernement quant à la réalisation de la souveraineté du Québec. À cet égard, la première partie de la déclaration de M. Bouchard (dans son allocution de démission) se ramène à trois éléments que l’on peut schématiser de la façon suivante0

a) “ Je voulais réaliser la souveraineté du Québec, j’ai fait tous les efforts possibles.”

Cela n’est pas vrai. Si l’intention a été périodiquement réitérée, elle n’a donné lieu à aucune action concrète un peu soutenue. De là est venue la méfiance chez certains militants, l’assouplissement chez d’autres.

b) “ En dépit de mes efforts, j’ai échoué.”

Que l’homme politique le plus populaire du Québec reconnaisse avoir échoué provoque évidemment la question 0 “ Si lui a échoué, qui peut réussir ? ”

c) “ Et c’est à cause du peuple québécois lui-même, de son inertie devant les assauts du gouvernement fédéral, que j’ai échoué . ”

Le thème de la responsabilité du peuple, de son inertie, de son incapacité à s’indigner ou à protester est à peu près le plus débilitant auquel on peut recourir. Cela revient à affirmer 0 quand on vous dit que les Québécois sont des hésitants, des mélangés, sinon des peureux, il faut le croire. »

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