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Le Mario nouveau
N° 233 - octobre 2004

Predatus cupidus
Hubert Lewis
Tout pour moi, rien pour les autres », telle est la devise du parfait capitaliste. Et quand l’élite des prédateurs – soit moins de 1 % de la population mondiale – parle de rationaliser la totalité de la richesse mondiale, c’est évidemment pour en disposer à elle seule. Si une telle monstruosité est devenue presque banale, surtout depuis une trentaine d’années, c’est grâce à l’assujettissement des gouvernements, au banditisme des institutions – FMI, Banque mondiale, OMC et consorts – mais aussi grâce au décervelage exercé par les intellectuels de service et l’action des grands médias.

Or, rien de tout cela n’a un caractère « naturel », nous dit Linda McQuaig, journaliste canadienne au Toronto Star, auteur de l’ouvrage très articulé, intitulé Le Grand Banquet. Si la recherche du profit et le désir de bien-être semblent inscrits au cœur de l’humain depuis des siècles, la suprématie de la cupidité, sa valorisation idéologique et sa protection légale sont, au contraire, des phénomènes relativement récents.

En réalité, le modèle de l’homo economicus, nous dit l’auteur, à la suite de Karl Polanyi (1886-1964), économiste et anthropologue, dont elle est l’héritière idéologique, ce n’est pas vraiment un modèle de comportement humain, c’est plutôt un modèle de comportement humain tel que le capitalisme a tenté de le transformer ! Pour Polanyi, l’être humain est, plus fondamentalement, un animal social, à la recherche de sa sécurité, mais aussi de la reconnaissance de ses pairs.

Quant aux défenseurs du modèle unidimensionnel qui est l’homo economicus, « ils insistent pour que l’on impose des lois d’une portée considérable afin de défendre les droits de la cupidité individuelle et de supprimer les mesures collectives qui ont pour but de défendre le bien public. »

Étrange, pour ces apôtres de la libre entreprise – libre pour eux seuls – de réclamer l’aide des pouvoirs publics à la manière de Conrad Black et du National Post, et de dénoncer les méfaits de la taxation lorsqu’ils n’en sont pas les bénéficiaires.

Le Grand Banquet, Linda McQuaig, Écosociété, 2004

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