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Le Mario nouveau
N° 233 - octobre 2004
Coupure de 63,5 millions dans l’Aide financière aux étudiants
Passe-passe Reid change les bourses en prêts
Vincent Larouche
À l’occasion de la dernière rentrée scolaire, les étudiants ont eu droit à tout un tour de passe-passe du ministre québécois de l’Éducation, Pierre Reid. Pour absorber les coupures de 63,5 millions dans l’Aide financière aux études, le gouvernement a transformé la majorité des bourses en prêts. L’opération, qui poussera les cégépiens à s’endetter de 1000 $ supplémentaires chaque année et les universitaires de 2000 $, sème la colère au sein des associations étudiantes.

« C’est la coupure la plus importante de toute l’histoire de l’Aide financière aux études, s’insurge Julie Bouchard, nouvelle présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Le gouvernement Charest s’attaque aux plus pauvres, soit ceux qui dépendent des prêts et bourses pour poursuivre leurs études. Ça ne se fait pas ! »

La présidente explique que la Fédération a élu au mois de septembre son « conseil de guerre » pour mener la lutte en faveur des cégeps et de l’accessibilité aux études. « Nous avons confiance de mobiliser en grand nombre, parce que ces coupures touchent directement les étudiants. Il n’est pas trop tard. Ce n’est pas parce que la mesure est déjà en place que nous devons l’accepter. Le gouvernement Charest n’a qu’à remettre l’argent nécessaire dans le prochain budget. »

Réunies en congrès les 25 et 26 septembre dernier, les associations membres de l’autre fédération étudiante nationale, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), ont elles aussi exigé l’abolition de la dernière réforme de l’Aide financière aux études. Elles ont lancé un ultimatum à Pierre Reid, le sommant d’agir avant le 23 octobre, « sans quoi l’ASSÉ prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre le droit à l’éducation ».

Julie Bouchard affirme que, cette année, tout le mouvement étudiant mobilise sur les mêmes enjeux, étant donné la gravité de la situation. « On est en train d’hypothéquer l’avenir des étudiants, dit-elle. Un jeune couple qui va terminer ses études avec un total de 40 000 $ de dettes va-t-il vraiment pouvoir s’acheter une maison en plus ? »

Déjà, les associations membres de la FECQ à travers le Québec ont commencé à faire pression sur leurs députés afin qu’ils prennent conscience du fardeau imposé à la jeunesse. Il ressort de certaines de ces rencontres que même certains élus libéraux trouvent que le tandem Reid-Charest va trop loin. Les coupures à l’Aide financière ne faisaient pas l’unanimité au sein du parti. « Par contre, précise Mme Bouchard, certains députés ne connaissent pas du tout le dossier et se montrent surpris quand nous leurs montrons les chiffres. »

En plus de se battre pour l’accessibilité financière aux études, la FECQ affirme qu’elle se luttera pour l’accessibilité géographique, en combattant la décentralisation des cégeps. En effet, le gouvernement ne cache pas son penchant favorable à une certaine décentralisation, qui laisserait plus de pouvoir aux administrations locales pour gérer leurs budgets, le développement des programmes, les frais de scolarité, voire décerner leur propre diplôme. « Le ministre a refusé de s’engager à maintenir la diplômation nationale, alors que les étudiants, les parents et tous les syndicats le réclament », affirme Julie Bouchard.

La FECQ craint que la décentralisation entraîne une compétition malsaine entre les établissements et un dépérissement des cégeps en région. Seuls les grands cégeps dotés de fondations privées grassement financées seraient alors gagnants.

« Ce n’est certainement pas le cégep de Gaspé, lequel a dû couper son poste de réceptionniste par manque de fonds, qui pousse pour cette mesure, lance-t-elle. Le déclin des cégeps en région a un effet très négatif sur les communautés, alors pourquoi ne pas leur donner les moyens de réussir et de se développer? »

Étant donné le refus du ministre de promettre le maintien du diplôme national, tous les contacts sont coupés entre son bureau et la Fédération étudiante. « S’il a quelque chose à nous dire, il viendra nous voir, déclare Mme Bouchard. Il avait déjà lancé tout un message aux étudiants, au printemps dernier, en organisant son forum sur le collégial en plein mois de juin, au milieu de la semaine, alors que la majorité des étudiants travaillaient. »

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