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La riposte américaine
N° 203 - octobre 2001

La coalition pour la paix s’organise
Élaine Audet

Ni G.I. Joe, ni Jihad Joe



Vendredi, le 21 septembre, l’ancienne salle de la cinémathèque dans la Bibliothèque nationale était pleine à craquer. On pouvait y voir des membres des diverses générations et communautés culturelles. Cette assemblée était convoquée par la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Vivian Barbot, ainsi que par Monique Simard et Pierre Beaudet du groupe Alternatives, dans le but de réfléchir ensemble aux causes et aux conséquences des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone ainsi qu’aux meilleurs moyens à mettre en œuvre pour défendre la paix et la démocratie. La journaliste Françoise Guénette a modéré avec humour et fermeté ce brassage d’idées au cours duquel une Palestinienne siégeait à côté d’une Juive, image au départ symboliquement très forte.

Yasmina Chouakri et Vivian Barbot ont d’abord fait le tour de la situation dans le monde, la première soulignant les inquiétudes suscitées par le ralliement unanime derrière Bush et son appel à une guerre à finir envers « les ennemis de la civilisation ».

Quant à la présidente de la FFQ, elle a souligné à juste titre que, en tant que femmes, nous devons avoir doublement peur. En effet, elle dit que la plus grande organisation féministe aux États-Unis, la National Organization of Women (NOW), a informé la fédération que deux pasteurs américains avaient appelé publiquement à la guerre « sainte » contre les féministes, les lesbiennes et les gais qui seraient « responsables » des attentats de New York et de Washington.

Face à une telle hystérie dont les boucs émissaires se multiplient, elle réitère la nécessité de défendre tant les droits humains que la paix. Au Pakistan, il y a aussi eu des appels à la guerre contre les femmes traitées de sorcières à la solde de l’étranger dont le but est de détruire les musulmans. En conclusion, elle nous convie à faire pression auprès du gouvernement canadien pour qu’il refuse de s’embarquer dans cette guerre, qu’il protège les citoyens de toutes origines contre le racisme qui a présentement cours et qu’il cherche à régler le conflit sur la base des droits, de la justice et de la paix.

La presse québécoise se démarque des autres

La porte-parole afghane, Makaï Aref, après avoir résumé les conditions d'extrême misère dans lesquelles vit son peuple, particulièrement les femmes, a appelé les forces démocratiques à soutenir de toutes les manières possibles les successeurs du commandant Massoud, assassiné quelques jours avant l'attentat du WTC, dans leur lutte contre le gouvernement des talibans. Elle a rappelé que ce sont surtout les populations civiles qui font et feront les frais de la vengeance américaine.

La Palestinienne, Rita Giacaman, a livré un discours chargé d'émotion qui lui a valu une longue ovation debout. Depuis quinze ans, elle milite pour informer les Canadiens sur l'histoire de son peuple et sur les causes du conflit avec Israël. Elle remarque qu'il y a une grande différence entre la presse québécoise et ontarienne. Pour elle, lutter pour la paix demande beaucoup de courage. Sous prétexte de chasser les terroristes, les États-Unis cherchent à prendre le contrôle du pétrole au Moyen-Orient. La véritable violence, conclut-elle, consiste à pousser les jeunes à se faire sauter parce qu'ils n'ont pas d'autres moyens de résister à l'anéantissement de leur peuple.

Quant à Lilian Robinson de l’Alliance juive contre l’Occupation, elle a appelé l’assistance à se joindre à celles qu’on appelle « les dames du coin », réunissant des membres de la communauté palestinienne et israélienne, tous les vendredis à midi devant le consulat d’Israël (1155, boul. René-Lévesque Ouest), pour réclamer une solution pacifique de la question palestinienne.

Tout au long de la soirée, des témoignages sonores ont été diffusés en provenance de New York, d’Israël et du Pakistan. Vivian Barbot a terminé en disant que la FFQ est toujours en marche et qu’une action internationale de grande envergure pour la paix aura lieu le 5 octobre prochain, sous l’impulsion du comité permanent international formé à la suite de la Marche mondiale des femmes de l’an 2000. Unies avec les « femmes en noir », il faut occuper la place publique et informer nos proches.

Ni impérialiste, ni xénophobe

Cette assemblée a été suivie dimanche, le 23, par une grande manifestation regroupant plus de 2000 personnes qui ont marché, comme dorénavant tous les dimanches, de l’université Concordia jusqu’au consulat américain, pour protester contre les appels à la guerre « sainte » et la montée de la xénophobie. Les discours ont mis l’accent sur la politique impérialiste des États-Unis qui dépossède et accule de plus en plus de personnes à la misère et au désespoir.

Une autre manifestation, organisée par l’avocate Anne Murray et le comédien Jean-François Casabonne, a aussi réuni quelques milliers de personnes qui ont marché au son des tam tam, depuis le Théâtre de Quat’sous jusqu’au kiosque de l’avenue du Parc, où des comédiens ont lu des lettres et des poèmes déposés depuis la semaine précédente dans une « boîte d’alternatives à la guerre ». Il en ressort qu’à la coalition guerrière de Bush, il faut répondre par la plus grande mobilisation de tous les temps pour la paix et la justice. Comme le disait une des pancartes 0 Ni G.I. Joe, ni Djihad Joe »!

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