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Le Mario nouveau
N° 233 - octobre 2004

On déporte un citoyen exemplaire
Pierre Dubuc
Le Syndicat des employés de la Pratt & Whitney (TCA-510) s’est porté à la défense d’un de ses membres, Sergio Orestes Loreto Garcia, un Guatémaltèque, menacé de déportation.

« C’est une injustice totale, de nous dire Réjean Bournival, le président du syndicat. M. Garcia est un de nos membres depuis une dizaine d’années et il a une conduite exemplaire. »

À l’âge de 18 ans, M. Garcia a été forcé de faire son service militaire. Il a été appelé à participer à la détention de civils soupçonnés d’appartenance à la guérilla. Sous les ordres d’un officier, il sortait, en troupe, pour arrêter des gens. Aujourd’hui, il suppose que ces gens étaient torturés. À l’époque, il obéissait aux ordres et ne posait pas de questions, parce qu’il n’était pas particulièrement bien vu qu’un simple soldat pose des questions dans l’armée guatémaltèque.

Il termine son service militaire en 1986, mais lorsqu’on le convoque à nouveau en 1988, il décide de quitter son pays pour le Canada. M. Garcia s’est marié avec une compatriote et est aujourd’hui le père de trois enfants. Sa femme a été acceptée comme immigrante, mais la Commission de l’immigration lui refuse l’accueil sous prétexte qu’il a participé à des crimes contre l’humanité, ce que M. Garcia refuse d’admettre.

Il a raison si l’on se réfère à la définition de participant à des crimes contre l’humanité telle que définie par le Statut de Rome dont le Canada est signataire. Comme simple soldat de réserve, il ne prend part à aucun crime de guerre.

C’est pour cette raison qu’il conteste en 1993, l’ordre de quitter le Canada et l’ordre est suspendu. Mais lorsqu’il remplit en 1994 une demande de résidence permanente qui lui sera accordée, il répond non à la question qui demande s’il a été enjoint de quitter le Canada, étant donné que l’ordre avait été contesté.

« Ça n’a pas d’allure de détruire ainsi une famille, déclare Réjean Bournival. C’est un non sens qu’il ne puisse pas faire appel. Sa seule erreur est d’avoir été trop honnête et de ne pas avoir respecté le Grand commandement de notre système d’immigration : ne répond rien sans avoir consulté ton avocat ! »

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