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Le Mario nouveau
N° 233 - octobre 2004

La radio démago
Jean-Claude Germain
La radio démagogique dont se réclame Mario Dumont n’a pas été inventée par André Arthur ou Jeff Filion. Elle a d’abord été conçue et pratiquée en Allemagne par le docteur Joseph Goebbels. La radiotéléphonie, disait-il en 1934, est le plus moderne et le plus puissant des instruments de propagande et le plus important moyen de diffusion parmi les masses.

Dans l’esprit du ministre de la Propagande de Hitler, la radio national-socialiste devait avoir un style nouveau, radicalement dépoussiéré. On en finirait avec l’académisme, les informations objectives et de bon ton, raconte Pierre Miquel dans son Histoire de la radio et de la télévision (Perrin 1984). Les émissions didactiques, les entretiens, les conférences furent impitoyablement éliminés. À la soviétique, la radio se voulait une radio d’agitateurs. Une radio en somme qui dénonçait les corrompus et disait les vraies choses au vrai monde.

En France, dans la foulée de sa grande sœur allemande, la radio de la collaboration adopte la même approche face à la question juive. En 1942, Radio Légion se réfère à une analyse raciale et biologique formulée en termes médicaux. Face aux dangers de la gangrène, de la lèpre, de la contamination, les remèdes pris par le gouvernement relèvent de l’hygiène. (La guerre des ondes, Jean-Louis Crémieux-Brilhac et Hélène Eck, HMH, 1985).

La phase du style conquête du pouvoir ne pouvait subsister longtemps rapporte Miquel. En radiodiffusion, il faut créer du nouveau. La grande idée de Goebbels fut alors de mettre la culture au service de la politique. On inaugura une série de grands concerts germaniques, un cycle Wagner, un cycle Beethoven. Mozart était dépassé et les musiciens modernes inaudibles. Mais les auditeurs allemands ne comprennent rien au fatras culturel asséné par les ondes.

Deux ans plus tard, en 1936, Goebbels amorce un dernier virage. Voilà enfin la doctrine fixée : distraction pour les travailleurs, musique légère, chansons, folklore, opérettes et programme d’informations dirigées pour tous. Le chef de l’ADQ en est toujours à la phase conquête du pouvoir, mais la phase culturelle laissera Jeff Filion sur le carreau. Quant à la troisième, elle est disponible en tout temps sur presque tous les autres postes.

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