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Le Mario nouveau
N° 233 - octobre 2004

L’alphabête
Pierre Dubuc, Jean-Claude Germain et Vincent Larouche
Adrianna rules the waves

Au moment d’aller sous presse, la rumeur veut que le premier ministre Martin prolonge d’un an le mandat de la gouverneure générale, Mme Adrienne Clarkson, pour assurer la stabilité du Canada dans le contexte d’un gouvernement minoritaire.

C’est une bonne nouvelle pour la représentante de la Reine et son Excellence son mari John Saul. La mauvaise nouvelle, c’est qu’ils ne pourront plus voyager à travers le monde comme ils l’ont fait ces dernières années et rester au pays pour empêcher que le pays sombre dans le chaos.

Cher Conrad

Trois biographies seront publiées cet automne sur Conrad Black et les journaux consacrent depuis des semaines leurs manchettes aux déboires de Lord Black. Quand, il y a plusieurs années, Conrad Black a volé la caisse de retraite des employés des magasins Dominion, les journaux en ont fait à peine mention.

Après tout, ce n’était que de pauvres travailleurs et travailleuses qui venaient de se faire dépouiller de la possibilité de profiter d’une modeste pension pour finir leurs jours.

Aujourd’hui, l’heure est grave. Ce sont les actionnaires qui se sont fait rouler ! Et qui crient à l’anti-démocratisme ! Pourtant, dans l’espoir de faire rapidement fortune, c’est tout à fait consciemment qu’ils ont accepté de mettre leur argent dans Hollinger tout en sachant fort bien que Conrad Black possédait la majorité des parts votantes avec un investissement très minoritaire.

Ils croyaient au génie financier de Black. Ils avaient tout à fait raison. Nous sommes nous-mêmes béats d’admiration devant les manœuvres et les intrigues utilisées par Black pour piger à leur insu dans la caisse et financer sa richissime vie mondaine qui faisait tant rêver ses groupies.

Sportonomie

Avec le départ des Expos, le lock-out de la Ligue nationale de hockey, le journal La Presse pensait devoir congédier ses nombreux journalistes sportifs. Mais le directeur Guy Crevier a eu une idée de génie : transférer les journalistes sportifs à la section économie. Après tout, ils ont l’expertise. Depuis plusieurs années, leur principal sujet d’intérêt, au-delà des performances sportives, était les salaires des joueurs.

De plus, s’est dit Guy Crevier, si mon prédécesseur Roger D. Landry a pu devenir directeur de La Presse après avoir été le concepteur de Youppi !, la transition n’est pas impossible entre les pages sportives et les pages financières.

Quant au cahier des sports, il suffira de le transformer en un autre cahier économique. Pourquoi pas un cahier quotidien consacré à Bombardier ?

Ça ira, ça ira, les chasseurs on les chassera

Tout récemment, la décision du Parlement britannique d’interdire la chasse à courre a provoqué une réaction surprenante. Ses défenseurs en sont venus aux coups avec les membres de la Chambre des Communes. Un peu excessif pour une pratique excentrique ? Peut-être pas quand on sait que la dite pratique est depuis des temps immémoriaux le symbole même de tous les privilèges de l’aristocratie. La démocratie anglaise s’en est curieusement accommodée jusqu’à aujourd’hui. Louis XVI a rencontré moins de complaisance.

On se plaît souvent à le présenter comme un benêt passionné par l’horlogerie. Pour la populace du temps, le gros Louis incarnait d’abord et avant tout une menace permanente pour les champs cultivés, les vignes, les vergers et les troupeaux. La chasse à courre était pire qu’un fléau naturel. C’est la distraction qui coûte le plus cher, raconte Maurice Rheims (Apollon à Wall Street, Seuil, 1992). Le roi décaisse 1 200 000 livres par an pour entretenir 280 chevaux, plusieurs écuries ; et il lui faut des meutes pour le sanglier, pour le loup, pour le chevreuil, pour la pie, pour le lièvre. Et lorsqu’il décide d’aller à la chasse, la Cour suit.

Tout le territoire à dix lieues de Paris est la chasse gardée du roi et pour le parcourir, lui et sa Cour disposent de 1 857 chevaux, de 217 voitures, de près de 1 500 hommes, tous habillés, dont la seule livrée coûte 540 000 francs par an. Pour suivre la chasse, l’écurie de la reine n’était pas en reste : elle comprenait 75 voitures et 350 chevaux. Et sans doute le carrosse qui les a ramenés à Paris pour être guillotinés.

McGill une université voyou

Toutes les universités sont égales devant la loi, mais certaines sont plus égales que d’autres. Ainsi, l’Université McGill s’estime tellement supérieure à ses compétitrices qu’elle a décidé, de façon totalement illégale, de ne plus se plier aux règles sur les frais de scolarité. Elle charge maintenant aux étudiants internationaux des frais beaucoup plus élevés que ce que la loi permet. Le tout, en plus des multiples frais afférents qui font que la facture des étudiants de McGill est de toute façon plus salée qu’ailleurs.

Le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a lancé un appel au gouvernement pour qu’il fasse respecter la loi. « Nous exigeons que McGill ramène les frais de scolarité des étudiants internationaux à ce qui est permis par la loi, soit 10 878 $ par année. Si elle refuse, le gouvernement Charest doit appliquer les règles budgétaires et retenir le financement public versé à McGill. »

Présentement, toutes les facultés de l’Université McGill exigent plus que ce qui est permis par la loi, par exemple : art : 11 085 $, éducation : 11 085 $, génie : 12 247,50 $, architecture : 12 247,50 $, musique : 12 247,50 $, science : 12 247,50 $ et administration : 15 000 $.

L’inaction du gouvernement dans ce dossier pourrait inciter d’autres universités québécoises à contrevenir aux règlements sur les frais de scolarité. Par exemple, l’Université Concordia charge déjà 3 228 $ de plus par année aux étudiants internationaux qui fréquentent la John Molson School of

Business, et songerait à étendre cette mesure à d’autres programmes.

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