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N° 232 - septembre 2004
Extrait : L’autre histoire de l’indépendance
Morin n’a pas inventé l’étapisme
Pierre Dubuc
Dans son livre Mes premiers ministres, Claude Morin explique la genèse de l’idée d’un référendum. « L’idée du référendum, écrit-il, me fut involontairement suggérée en 1969 par trois personnalités renommées de l’establishment politico-technocratique anglophone fédéral (…) : Gordon Robertson, secrétaire du cabinet fédéral et, à ce titre, premier fonctionnaire d’Ottawa, Robert Bryce, ancien sous-ministre fédéral des Finances et éminent mandarin d’Ottawa et Al Johnson, sous ministre de la Santé nationale et du Bien-être social ».

« Ils me firent chacun, poursuit Morin, l’un après l’autre et même une fois les trois ensemble, des commentaires forts instructifs. Ces échanges se situent parmi les plus démystifiant de toute ma carrière. Je n’étais pas prêt de les oublier.(…) Voilà comment le référendum s’insinua dans nos conversations. (…) Bien que pratiquement jamais utilisée en régime parlementaire britannique, seule une consultation de ce genre serait susceptible, me dirent-ils, d’inciter Ottawa et les provinces à consentir à un nouveau partage des pouvoirs plus avantageux pour le Québec. Pourvu, cependant, que les Québécois s’y fussent montrés très majoritairement favorables et qu’on eût permis l’expression du point de vue fédéral. »

« Que dire alors d’un référendum portant sur la souveraineté plutôt que sur un réaménagement du fédéralisme ? », demanda Morin à ses interlocuteurs. Robertson, Bryce et Johnson lui répondirent qu’ils « étaient convaincus qu’une telle consultation prouverait le rejet, par les Québécois, du “ séparatisme ”, mais ils n’hésitèrent pas à reconnaître (aveu peu compromettant, en 1969 !) que, mis devant un référendum favorable à l’indépendance, eh bien, Ottawa et les autres provinces devraient s’incliner. »

Le plus extraordinaire dans cette confession est l’aveu que l’idée du référendum vient de fonctionnaires fédéraux. Et, pas de n’importe quels fonctionnaires ! Gordon Robertson – nous l’avons vu précédemment – était en 1969 co-responsable avec Marc Lalonde des services de renseignements parallèles mis sur pied par le Cabinet Trudeau pour lutter contre le séparatisme ! La stratégie de Morin lui a été dictée par les fédéralistes !

L’autre histoire de l’indépendance, Pierre Dubuc, Trois-Pistoles, 2003

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