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N° 232 - septembre 2004
L’arme secrète pour maintenir Bush au pouvoir
Al-Qaïda se déguise en alerte rouge
Michel Chossudovsky
Le 8 juillet dernier, le secrétaire américain à la Sécurité intérieure Tom Ridge affirmait que « des informations crédibles montrent maintenant qu’Al-Qaïda avance dans ses projets de lancer un attentat de grande envergure aux États-Unis, dans le but de perturber notre processus démocratique. […] Il s’agit d’information inquiétantes à propos de ceux qui veulent nous faire du mal. Mais chaque jour, nous sommes attentifs au renforcement de la sécurité de notre nation ».

Cette déclaration de Tom Ridge pourrait-elle impliquer un scénario d’alerte rouge entraînant « la fermeture du pays » (avant les élections de novembre), comme l’avait évoqué le secrétaire en décembre 2003 ?

Le département de la Sécurité intérieure et la Maison-Blanche ont sans doute plusieurs scénarios en tête pour gagner les élections présidentielles de novembre. Les développements récents suggèrent que le département a déjà envisagé la possibilité d’un niveau d’alerte rouge.

Parallèlement, l’administration Bush travaille aussi en coulisses dans le but d’intégrer des « lignes directrices » formelles aux procédures électorales, qui permettraient l’annulation ou le report d’une élection en cas d’attaque terroriste.

Pour atteindre son objectif, elle utilise la juridiction d’une de ses agences fédérales, la Election Assistance Commission (EAC), mise sur pied en 2003. Le directeur de cette agence, DeForest B. Soaries, un protégé de Bush, a laissé entendre qu’il y avait un besoin d’établir des « lignes directrices pour annuler ou reporter les élections si des terroristes frappent de nouveau les États-Unis. » Cette déclaration a été faite à la même époque que les insinuations de Tom Ridge sur la possibilité d’une attaque à grande échelle « de type 11 septembre ».

Le plus important dans cette nouvelle initiative, c’est que si ces soi-disant « lignes directrices » étaient adoptées, l’administration serait en mesure de reporter ou annuler les élections d’un trait de stylo, sans avoir recours à des mesures exceptionnelles d’urgence ou à la loi martiale.

La EAC est présentée comme un « bureau central d’information sur le vote et les procédures ». Les déclarations et la couverture médiatique citées plus haut semblent suggérer que si des lignes directrices sur le report ou l’annulation des élections devaient être formulées, elles émaneraient de l’EAC, qui a un mandat bipartisan du Congrès américain pour superviser le vote, plutôt que du département de la Sécurité intérieure.

Mais l’EAC est un bras informel du département de la Sécurité intérieure. Ce dernier, tout comme la Maison-Blanche, est clairement derrière cette initiative de « lignes directrices ».

Le directeur de l’EAC, le révérend DeForest « Buster » Soaries, un ancien ministre baptiste, n’a pas été choisi par hasard. Il fut secrétaire d’État du New Jersey sous le gouverneur Whitman, qui est un allié politique du secrétaire Tom Ridge depuis l’époque où ils étaient gouverneurs républicains des États voisins du New Jersey et de la Pennsylvanie. Depuis, Todd Whitman a été choisi par l’administration Bush pour diriger la Environmental Protection Agency (EPA) et travaille en étroite collaboration avec Tom Ridge dans le cadre de la guerre locale contre le terrorisme.

Le département de la Sécurité intérieure a donc l’intention d’établir des procédures pour reporter ou annuler les élections qui pourraient être présentées comme un moyen de « protéger la démocratie » dans l’éventualité d’un attentat terroriste. L’établissement de ces « lignes directrices » au niveau d’une agence officielle, la EAC, établirait un « mécanisme de déclenchement » sous la juridiction d’une commission fédérale.

La EAC de Georges W. Bush a aussi encouragé l’établissement dans plusieurs États des systèmes de vote électronique Diebold.

Diebold est un est système présenté sous forme de boîte noire qui ne laisse aucune trace sur papier du vote. De plus, les trois manufacturiers du système sont des corporations dirigées par des républicains activement impliqués dans la campagne de réélection de Bush.

Le PDG de Diebold a d’ailleurs confirmé en entrevue qu’il avait été un des plus importants collecteurs de fonds pour le président républicain, mais qu’il avait maintenant l’intention de diminuer son implication politique suite aux nombreuses critiques auxquelles il avait dû faire face.

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