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Bonne Saint-Jean
N° 231 - juillet 2004
L’aparté
Il y a là en sourdine un étrange aveu
François Parenteau
À voir aller les intentions de vote dans cette élection fédérale, c’est à se demander si le Bloc n’aurait pas dû présenter des candidats ailleurs qu’au Québec. Avec des victoires extra-territoriales dans des comptés en Acadie et à St-Boniface, genre, Gilles Duceppe aurait presque pu devenir Premier ministre du Canada. Comme ça, on aurait arrêté de lui reprocher de ne pas pouvoir prendre le pouvoir, d’être confiné à l’opposition, pour ne pas dire au chiâlage.

Car c’est la principale critique que les autres partis, et surtout les Libéraux, lancent aux Bloquistes depuis le début de la campagne. En votant Bloc, les Québécois s’empêcheraient d’avoir des députés au pouvoir. Il y a là en sourdine un étrange aveu.

Une fois élu, le gouvernement est censé représenter tous les Canadiens et prendre les bonnes décisions pour le Canada dans son ensemble. En insistant sur le fait qu’il vaut mieux pour un comté que son député soit « du bon bord », on dit qu’il pourra ainsi mieux influencer certaines décisions et favoriser son comté. C’est donc avouer qu’un gouvernement Martin continuerait dans le patronage et les faveurs décernées aux amis du parti. Remarquez, on le savait déjà...

Et qui sait, comme les Libéraux sont en train de planter comme un hélicoptère Sea King un soir de petite brise, cet argument pourrait bien se retourner contre eux bientôt. S’ils se faisaient laver comme les Conservateurs de Kim Campbell, le NPD et les Conservateurs pourraient dire la même chose à la prochaine élection.

Faut dire qu’ils essaient n’importe quoi, les Libéraux. Quand les Libéraux ont annoncé la semaine dernière qu’ils allaient révéler un document-choc sur les liens entre le Bloc et les Conservateurs, je m’étais dit que tout n’était pas joué. J’anticipais une fuite d’un document interne du Bloc détaillant l’entente entre le Bloc et le Parti conservateur pour le partage du pouvoir et bradant des concessions sur Kyoto, genre, pour avoir des points d’impôts.

Fallait voir la face de Jean Lapierre quand il a dévoilé le document-choc en question : un programme conservateur caché sous une couverture du Bloc. Un petit montage digne d’une joke d’étudiant. S’il ne pleut pas sur les sculpturales demoiselles qui accompagnent le cirque de la Formule 1 en fin de semaine, c’est le pétard mouillé de l’année.

Et, vengeance cosmique, après avoir fait les délices de tout le « who’s who » de la politique au Québec avec ses célèbres soupers de homard, c’est donc enfin au tour de Jean Lapierre d’être dans l’eau chaude. Et quand Liza Frulla est allé lui prêter main forte, le spectacle a été du plus haut comique. Avez-vous remarqué que cette madame a les mêmes moves de tête phonys que Michèle Richard ? Avec la mouette Lapierre à ses côtés, on aurait dit un Ti-Gus et Ti-Mousse involontaire. Liza a tenté de démoniser les Conservateurs en disant qu’ils tenteraient d’imposer aux Canadiens leur vision du bien et du mal, leur morale. C’est sûr que, sur ce plan là, les Libéraux sont très rassurants: ils n’en ont pas, de morale...

Cette déconfiture est un spectacle passionnant. Hier, j’ai vu l’allocution de Paul Martin face aux maires des grandes villes canadiennes au canal C-PAC. En bégayant, il a parlé de l’importance d’investir dans les infrastructures des villes pour que celles-ci, par la qualité de vie, puissent attirer des « recherchistes ». Claudette et ses amies de Samedi et rien d’autre ne le savaient pas, mais l’avenir du Canada passe par les recherchistes... Et quand il a annoncé hier une fin de course palpitante, il a fait trois arrêts aux puits dans la même phrase pour finir avec une roue qui manque... Lâchez le Grand Prix et suivez la campagne électorale, mesdames et messieurs. Parce que le gros char rouge qui gagnait tout le temps d’habitude est en train de se faire dépasser par tout le monde...

Texte lu à l’émission du 12 juin de Samedi et rien d’autre animée par Joël Le Bigot sur les ondes de Radio-Canada.

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