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Bonne Saint-Jean
N° 231 - juillet 2004
D’Asbestos à Marine Industrie à Expro Tec : 60 ans de luttes
La Fédération de la métallurgie-CSN
Marc Laviolette
Du 2 au 4 juin dernier, près de 200 délégués de la Fédération de la métallurgie (CSN) se sont réunis à Victoriaville dans le cadre de leurs instances régulières et ont tenu une soirée de solidarité marquant le 60e anniversaire de fondation de leur Fédération. Lors de l’événement, on procéda au lancement d’un album souvenir 60e anniversaire.

Pour le président de la Fédération, Alain Lampron (un travailleur d’Alcan Shawinigan) souligner cet anniversaire de la Fédération est important « pour nous rappeler que les conditions de travail que nous avons acquises et les gains que nous avons obtenus sont l’héritage de celles et ceux qui nous ont précédés. L’histoire de nos prédécesseurs nous enseigne que, tous ensemble, solidaires, nous avons le pouvoir de changer les choses pour le meilleur. »

La présidente de la CSN, présente à l’événement, nous a rappelé qu’à la CSN, la métallurgie ce sont les luttes des travailleurs d’Asbestos, de la British Aluminium sur la côte Nord, Marine Industrie, Firestone à Joliette, Reynolds au Cap-de-la-Madeleine, Expro Tec à Valleyfield.

Sur le front de la santé-sécurité, c’est aussi l’amiante et la lutte contre l’amiantose, l’enquête Beaudry sur l’administration de la santé-sécurité à Expro.

« La Fédération de la métallurgie n’a jamais hésité à s’investir dans les grands débats de transformations sociales au Québec dans les années 60-70 en participant au deuxième front et en se faisant propagandiste du slogan “ Il n’y a plus d’avenir pour le Québec dans le système économique actuel ” ».

L’album souvenir retrace les grandes orientations de la Fédération qu’on peut diviser en quatre grandes périodes : Les années de la lutte contre Duplessis (44-60), la Révolution Tranquille et les années 70 (60-70), les années 80-90 marquées par l’évolution des relations de travail et le nouveau millénaire (2000 à nos jours).

Fondée les 17 et 18 juin à Québec par huit syndicats représentants 2000 membres, la Fédération naissait de la fusion entre la Métallurgie et la Fédération de l’aluminium. Le coût du congrès de fondation : 46,18 $

Lors de cette période marquée par les luttes contre le gouvernement anti-syndical de Duplessis, la Fédération adopte les revendications suivantes : élaboration d’un programme de formation pour les dirigeants syndicaux; demandes au gouvernement de subventionner la construction de logement ouvrier; la négociation de vacances payées; la reconnaissance de la silicose comme maladie industrielle; revendication de la semaine de 40 heures; revendication d’une politique maritime auprès du gouvernement canadien et constitution d’un front commun avec les chantiers maritimes du Canada pour atteindre cet objectif de politique maritime.

En 1954, lors de l’adoption des projets de loi 19 et 20, la Fédération participe à la marche organisée par la C.T.C.C. (Confédération des Travailleurs Catholiques du Canada) contre ces législations anti-ouvrières. Rappelons-nous que la loi 19 visait à enlever la certification du syndicat si un des officiers favorisait le communisme. La loi 20 décertifiait un syndicat qui favorisait une grève dans le secteur public. Durant cette période la Fédération revendiquait un régime d’assurance-santé public.

Au congrès de 1955, le président Adrien Plourde déclarait : « L’entreprise privée a failli dans ce domaine. L’État doit intervenir. Le gouvernement doit mettre en vigueur un régime d’assurance-santé national ». Déjà à cette époque, la conciliation militantisme-vie syndicale préoccupait les femmes. Lors du même congrès, en question de privilège, Mme Raoul Vallée souhaite que la C.T.C.C., lors de son prochain congrès, consacre un après-midi aux épouses des chefs syndicaux et à leurs problèmes dus à l’absence du mari au foyer.

La période de la Révolution Tranquille fut marquée par le changement de nom de la C.T.C.C. pour devenir la C.S.N., déconfessionnalisée. Les revendications de la Fédération durant cette période portèrent sur les sous-contrats, la santé-sécurité et les comités de santé-sécurité et d’hygiène dans les usines, le travail en français, la promotion d’outils collectifs tels les caisses d’économie des travailleurs, à travail égal, salaire égal pour les hommes et les femmes dans la même échelle salariale et la participation des conjointes aux activités syndicales durant les conflits de travail.

En 1968, le secteur des produits chimiques se joint à la Fédération avec ses 22 syndicats et 4 600 membres. Cette année marque aussi l’intervention de la CSN sur le 2e front (le social et le politique). Le président Adrien Plourde interroge les délégués sur cette question.

« L’action syndicale se limite à la convention collective et aux interventions auprès des législateurs. Les travailleurs sont absents de la vie économique. Les membres sont des travailleurs et aussi des consommateurs. Quelle action positive avons-nous posée pour les protéger non seulement comme travailleurs mais aussi comme consommateurs ? »

1972, c’est l’année du 1er front commun dans le secteur public. C’est aussi l’année de la scission à la CSN. La Fédération en sera grandement affectée. Elle perdra 60 % de son comité exécutif, 40 % des permanents et 30 % des membres, soit 10 000 membres. La fondation de la CSD et de la FSSA (Fédération des syndicats du secteur de l’aluminium), à cause de l’orientation politique et idéologique de la CSN, lui porte un dur coup, mais l’énergie et la conviction de ses militants fait en sorte que le combat de la Métallurgie se poursuivra et connaîtra d’autres victoires syndicales.

En 1974, l’uniformisation des conventions collectives et l’indexation des salaires seront au cœur des revendications. En 1978, la santé-sécurité sera au centre des négociations collectives avec l’élimination des danger à la source, le droit de refuser un travail dangereux, le médecin de son choix lors d’un accident de travail et la pleine compensation pour les accidentés.

Les années 80 et 90 seront marquées par un monde du travail en plein changement et par de graves récessions économiques. La participation au conseil d’administration de la CSST, la protection de l’emploi, les stratégies de développement industriel, les changements technologiques, la transparence économique des employeurs, la réduction des heures de travail, la prise en charge syndicale des fonds de pension et des assurances collectives, les conventions collectives longue durée, les réorganisations du travail seront autant de nouveaux défis que relèveront les syndicats de la Métallurgie.

1986 marque l’entrée de la 1ère femme à l’exécutif de la Fédération. Johanne Morin du syndicat de SICO agit comme secrétaire de l’exécutif. En 1998, Suzanne Côté est élue comme vice-présidente responsable de la syndicalisation et de l’information.

Les priorités que se sont données les 23 000 membres de la Fédération pour les années 2000 sont de revoir les politiques en matières d’organisation du travail, d’innover face à l’impact des horaires de travail sur la santé des travailleurs, travailleuses, de prioriser les interventions en matière d’amélioration de la vie syndicale, d’établir des politiques d’échanges internationaux sur les questions de mondialisation, de mettre en place un regroupement de syndicats dans un programme d’assurances collectives, d’aborder les problématiques de vieillissement de la main d’œuvre et de formation de la relève, et de poursuivre le travail en matière de santé-sécurité au travail.

De plus, les impacts sectoriels des accords de libre-échange et de la mondialisation sont suivis régulièrement par les instances. Dans les faits, c’est le même combat qui se poursuit depuis 1944 : celui de l’émancipation des travailleurs et des travailleuses.

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