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Bonne Saint-Jean
N° 231 - juillet 2004

L’alphabête
Pierre Dubuc, Gilles Derome et Vincent Larouche
Le Parti vert se met au vert

Où sont les démocrates canadiens qui reconnaissent le droit à l’autodétermination du Québec ? Sûrement pas à la direction du Parti vert, dont le chef, Jim Harris, a déclaré spontanément qu’il faudrait que plus de 66 % des Québécois votent en faveur de la séparation pour que son parti reconnaisse la souveraineté du Québec. Devant la levée de boucliers que sa déclaration a provoqué dans les rangs de son parti au Québec, il a émis un communiqué d’« excuses » en disant que « le vote au 2/3 ne fait pas partie de notre plate-forme électorale ».

Soulignons au passage que le Parti vert ne se distingue pas non plus par son progressisme social. Son chef est un ancien conservateur qui a apporté au Parti vert le programme fiscal de son parti d’origine. Le Parti vert reprend, en effet, à son compte le dogme néolibéral classique selon lequel « la réduction de l’impôt sur le revenu est un excellent moyen de créer de l’emploi ».

N’accrochez pas les décrocheurs

Décrocheurs d’Étoiles était le titre d’une émission, présentée les vendredis de 22 heures à 1 heure sur les ondes de la chaîne culturelle de Radio-Canada, qui donnait la parole à ceux qui ont décroché ou qui ne se sont pas encore accrochés. L’émission culturelle la plus rapide à rejoindre la marginalité créatrice vivante d’ici, notre créativité marginale en action. Une voix pour notre futur. Une émission qui était toujours au bon moment et au bon endroit. Michel Garneau, notre plus beau lecteur, Christine Germain, la plus présente des réalisatrices recherchistes.

L’équipe des Décrocheurs d’Étoiles se résumait à deux personnes et les décisions se prenaient en quelques minutes parfois. Un instrument de précision qui œuvrait avec le temps, l’essence de la radio. Perdre de la vitesse dans le monde des ondes, c’est perdre l’actualité, c’est devenir universitaire. Perdre la mobilité, c’est s’alourdir, c’est perdre la culture qui se fait se faisant. Je suis rapide ou rien, disait Valéry. Une société qui remplace les poètes par des pédagogues se retrouve en danger, ajoute Albert Béguin. Et que dire de la Société Radio-Canada qui remplace tout ce qui parlait sur la chaîne culturelle par un continuum musical dont les enchaînements parlés se limiteront à 40 secondes.

Un service en attire un autre

Le chef du Parti conservateur du Canada, Stephen Harper, était particulièrement embêté le 3 juin dernier, alors qu’un bouchon de circulation menaçait de l’empêcher de se rendre à temps faire campagne à Hamilton, en Ontario. Heureusement pour lui, l’empire médiatique CanWest Global était là pour voler à son secours : l’entreprise s’est chargée de transporter le politicien en hélicoptère jusqu’à destination.

La famille Asper, propriétaire de CanWest Global, n’a de cesse de trouver de nouveaux moyens d’influencer sur le processus électoral canadien. Aux dernières élections, Izzy Asper avait publié dans ses multiples journaux un texte de 1 132 mots écrit de sa main en soutien aux libéraux. Entre 2000 et 2002, ce sont plus de 100 000 $, selon les chiffres officiels, que le magnat de la presse avait dépensé pour soutenir le Parti libéral et la campagne de Paul Martin à la chefferie. Des sommes moindres avaient aussi été acheminées à l’Alliance canadienne, ancêtre du Parti conservateur.

L’un des fils de feu M. Asper, Leonard, fait présentement campagne pour que le prochain gouvernement annule la nouvelle loi électorale, qui empêche les grandes entreprises de contribuer à la caisse des partis, et limite leurs contributions à un maximum de 1000 $ pour ce qui est des candidats. La loi empêche aussi tout individu de contribuer pour plus de 5000 $ au total à la campagne.

« J’ai le droit de supporter qui je veux, a-t-il affirmé. Ce droit m’a maintenant été retiré. » Asper mène sa campagne en fin stratège : en répartissant ses contributions entre les deux partis ayant une chance de former le prochain gouvernement, il évite de mettre tous ses œufs dans le même panier et s’assure de l’oreille attentive du prochain gouvernement.

Le Soleil refuse de se lever à Montréal

Il semble que le syndicat des journalistes du Soleil, qui a derrière lui une longue tradition de militantisme, ait finalement décidé d'agir face à la concentration de la presse et à la « montréalisation tranquille » de l'information dans la ville de Québec.

Depuis le 16 juin dernier, les journalistes refusent de signer leurs textes les jour où le quotidien publie la chronique du super-éditorialiste Alain Dubuc, qui est reproduite dans tous les journaux du réseau Gesca. L’entreprise impose à ses quotidiens l'éditorial unique de M. Dubuc les mercredis, vendredis et samedi.

Les journalistes du Soleil ont manifesté devant leurs bureaux pour sensibiliser la population à la situation de l’information à Québec. Ils soulignent que, pour chaque texte du Soleil publié dans La Presse, on trouve désormais quatre textes de La Presse publiés dans le Soleil. De plus, ils dénoncent le fait que la concentration de la presse transforme les médias des régions et de Québec en simples satellites des médias montréalais. La situation est semblable au Journal de Québec et à l’hebdomadaire VOIR-Québec, ajoutent-ils.

Dans le tract qu’ils distribuaient au public, on peut lire que « la concentration de la presse a tendance à rendre tous les médias semblables. Nous croyons que le public sort perdant d’un mouvement qui réduit le nombre de paires d’yeux scrutant l’actualité. »

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