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Paul W. Martin
N° 230 - juin 2004
Des succursales bancaires aménagées dans des bureaux d’État
L’État devrait concurrencer les banques
Vincent Larouche
Face à la mentalité de « privatisation des profits et socialisation des pertes » de l’oligopole des banques, qui réalise « des profits énormes, sinon immoraux » au détriment de la population, la Chaire d’étude socio-économique de l’UQAM propose une série de mesures visant à assurer une utilisation optimale des ressources et une meilleure redistribution de la richesse.

Tout d’abord, « comme l’État, tant fédéral que provincial, est déjà intensément présent dans le domaine bancaire grâce aux sociétés d’État, il faut que l’État, comme cela se fait en Europe, ouvre des succursales bancaires afin d’être présent dans le domaine du service au détail. »

L’appareil gouvernemental, qui actuellement s’occupe surtout des secteurs sur lesquels le privé lève le nez, pourrait concurrencer les grandes banques sur leur propre terrain. Des succursales bancaires pourraient être aménagées dans des bureaux d’État comme les bureaux de poste ou les SAQ, par exemple.

De plus, comme les banques préfèrent engraisser leurs dirigeants au détriment de l’investissement et de la création d’emploi, le professeur Lauzon demande une révision des règles fiscales actuelles qui font que la moitié des salaires des dirigeants bancaires, payés sous forme d’options d’achats d’actions, ne sont pas sujets à l’impôt. En effet, ces options d’achat sont traitées fiscalement comme des gains de capitaux, dont le taux d’inclusion est de seulement 50 % pour l’impôt. Pourtant, le salaire des simples employés de banques, versés sous forme de chèque de paye, est imposable en entier.

« Tout revenu quel qu’il soit devrait être imposé au même taux, déclare Lauzon. Je ne parle pas de taxer le capital, comme certains jeunes chercheurs radicaux voulaient proposer, mais seulement de taxer le revenu sur le capital. »

Question de regarnir les coffres de l’État, dont les finances « demeurent précaires malgré une croissance de la richesse jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale », le chercheur recommande aussi d’interdire aux banques de faire affaire dans les paradis fiscaux, pratique qu’il assimile tout bonnement à de la fraude fiscale, et d’augmenter parallèlement le taux d’imposition des institutions bancaires.

Lauzon croit aussi qu’il faudrait légiférer sur les frais de services, afin d’assurer un accès au service essentiel qu’offrent les banques pour l’ensemble de la population.

Il fait aussi remarquer qu’au Canada, aucun des employés des six plus grandes banques ne sont syndiqués. « La syndicalisation des travailleurs de cette industrie rétablirait un peu le rapport de force entre ceux-ci et l’employeur, et permettrait d’améliorer sensiblement la répartition de l’immense richesse des banques envers ceux qui créent vraiment cette richesse, c’est-à-dire les employés. »

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