L'aut'journal
Le samedi 24 août 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Paul W. Martin
N° 230 - juin 2004
Selon des documents obtenus grâce à la loi d’accès à l’information par l’avocate Eva Golinger, qui dirige à New York le Comité de solidarité avec le Venezuela, et le journaliste d’enquête Jerem
4 000 000 $ US pour discréditer le régime Chavez
André Maltais
Cette année, le NED (National Endowment for Democracy ou Fonds national pour la démocratie), enverra 922 000 $ à des organisations politiques, sociales, patronales et civiques vénézuéliennes, un peu moins que les 1 046 323 $ de 2003.

En 2001 et 2002 (année du coup d’état raté d’avril), le NED avait encore fait parvenir des montants respectifs de 877 435 $ et de 1 099 351 $ pour un total de tout près de quatre millions de dollars dans un pays où le salaire minimum est de 75 $ par mois !

Les documents (disponibles sur le site http://www.venezuelafoia.info) montrent une communication constante (memoranda internes, courriels) entre Chris Sabatina (directeur des programmes du NED pour l’Amérique latine et les Antilles) et les nombreux groupes récipiendaires au Venezuela qui allaient pour la plupart se révéler des opposants au président Chavez.

* Sumate, groupe organisateur du référendum pour destituer le président Chavez, a reçu l’an dernier 53 400 $ et plusieurs « associations civiles » dirigées par d’anciens ministres de la brève dictature d’avril 2002 ont aussi bénéficié de la générosité états-unienne.

Voici une quinzaine d’organismes ayant bénéficié du trop plein démocratique du NED :

* Association civile « Action paysanne » (ACAC). Officiellement vouée à l’aide aux populations rurales et à la cause du développement durable. Ses dirigeants ont employé les 93 000 $ reçus depuis 2002 uniquement pour s’opposer à la réforme agraire du gouvernement Chavez et pour en saboter l’application une fois la loi adoptée en janvier 2001.

* Association civile « Assemblée d’éducation » (ACADE). On ne lui connaît encore aucune réalisation dans son domaine. Sous le prétexte de « renforcer la société civile pour promouvoir l’éducation démocratique », elle a financé (avec les 112 000 $ du NED) les grèves dans le secteur de l’éducation de même que des campagnes de propagande et manifestations anti-Chavez surtout durant le lock-out patronal de l’hiver 2002-03. Son président est Leonardo Carvajal, ministre de l’Éducation pendant le coup d’état d’avril 2002.

* Association civile « Comprendre le Venezuela » (ACCV). Prétend étudier les libertés civiles et les rapports entre militaires et civils, mais travaille en réalité à influencer les forces militaires loyales à Hugo Chavez contre celui-ci. A reçu 57 820 $ juste avant le coup d’état et lutte actuellement contre les mesures gouvernementales visant à incorporer des militaires dans l’agriculture, l’environnement, la construction d’infrastructure et même le gouvernement.

* Association civile « Consortium pour la justice » (ACCJ). Sous le prétexte de lutter contre l’autoritarisme, a récolté 172 152 $ depuis 2001. Sa raison d’être affichée est de « renforcer la capacité des organisations de la société civile vénézuélienne à devenir des partenaires actifs » dans la lutte contre Chavez. A aidé et participé au coup d’état de même qu’au sabotage de l’industrie pétrolière de l’hiver

2002-03.

* Le Fonds justice de paix Monegas (une de ses organisations membre) est supposée défendre la résolution pacifique des conflits au niveau des quartiers et villes mais, en passant, utilise les dons du NED (22 700 $) pour accuser l’administration Chavez de « polariser la société vénézuélienne ».

* Association civile « Justice alternative » (ACJA). Vise à renforcer les liens entre la police et la population des quartiers de même qu’à entraîner les juges de paix dans les campagnes. Utilise l’argent du NED pour dénoncer la « rhétorique révolutionnaire », le « mépris public des institutions et processus démocratiques » et les « attaques vitrioliques contre les opposants » du président Chavez. Déclare « groupes paramilitaires » les cercles bolivariens qui sont des comités populaires pour la défense et l’application des politiques gouvernementales.

* Confédération des travailleurs vénézuéliens (CTV). Seul syndicat bénéficiaire du NED, la CTV a reçu près de 600 000 $ depuis 1999. Même après le coup d’État, alors que le monde entier connaissait le rôle qu’il y avait joué, le syndicat corrompu a reçu 116 000 $. Le montant est arrivé trois mois avant le lock-out patronal de 2002-03 et a servi à payer une bonne partie de la campagne de propagande médiatique qui n’a pas cessé d’occuper écrans et unes de journaux pendant 64 jours d’affilée. Son chef, Carlos Ortega, est exilé au Costa Rica et continue à appeler les Vénézuéliens à se débarrasser de leur président par « tous les moyens ».

* Association civile « Leadership et vision » (ACLV). S’est vue offrir 42 200 $, en septembre 2003, pour faire de l’éducation civile auprès de la police de Caracas dirigée par un maire (Alfredo Pena) notoirement anti-Chavez. Sa police est si « civilement éduquée » que, durant les manifestations et contre-manifestations qui se succèdent dans la capitale, elle n’hésite même plus à tirer sur les partisans du président.

* Association civile « Action pour le développement » (APD). Récipiendaire en 2002 d’un fonds spécial du Département d’État états-unien (tout juste après le coup d’État) pour ses « ateliers informels d’éducation civile » destinés aux quartiers pauvres des environs de Caracas. Forme en réalité des « associations de quartier » pour contrer l’action des cercles bolivariens.

* Centre de diffusion de l’information économique (CEDICE). Avant 2002, avait touché 143 626 $ pour diffuser de la désinformation sur la prétendue gestion économique catastrophique de l’administration Chavez et a reçu 182 791 $ de plus, juste avant le coup d’état de 2002 tout en travaillant directement avec * FEDECAMARAS, l’association patronale dont le président, Pedro Carmona, a dissout toutes les institutions démocratiques pendant les 48 heures qu’a duré sa dictature.

* Centre pour la justice et le droit international (CEJIL). Basé aux États-Unis, a touché 83 000 $ en 2003 pour défendre au Venezuela des droits humains nullement menacés. L’argent sert à apporter devant la Commission inter-américaine des droits de l’homme de l’Organisation des États américains de nombreuses et très médiatisées plaintes légales de citoyens et d’organismes contre le gouvernement Chavez.

* Centre au service de l’action populaire (CESAP). Surveille et étudie les programmes sociaux. Emploie les 128 000 $ reçus en 2002 et 2003 pour légitimer des groupes opposés au gouvernement, exercer des pressions sur les acteurs politiques en faveur des demandes de l’opposition et pondre des rapports défavorables sur les politiques sociales du gouvernement Chavez.

* Fondation « Le temps du peuple ». Surveille légalement le respect des droits humains et est connue, au Venezuela, comme une ardente opposante au gouvernement Chavez. Utilise les 477 000 $ reçus du NED depuis 2001 pour influencer les représentants de l’opposition à l’Assemblée nationale à proposer des lois déstabilisantes en matière de « participation politique », de « procédures électorales » et de « gouvernements municipaux ».

* Programme pour le développement législatif (PRODEL). A reçu 50 000 $ pour influencer des législateurs à promouvoir des lois décentralisatrices alors que l’administration Chavez privilégie une centralisation visant à corriger les inégalités sociales du passé. S’oppose systématiquement à toutes les initiatives législatives de l’état.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.