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Pataplatte Premier
N° 229 - mai 2004
On se réjouit, on s'inquiète, on se désole ou on entre en réflexion
La création du SPQ libre ne laisse personne indifférent
Revue de presse
La conférence de presse du 14 mars annonçant la création de Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) a été bien couverte par les médias. Elle a également amené le groupe de Françoise David, Option citoyenne, à faire connaître ses intentions de créer un nouveau parti de gauche à l'automne après des négociations avec l'UFP et le Parti Vert.

Dans un communiqué émis le 27 mars, le chef du Parti québécois, Bernard Landry, a déclaré : « Je me réjouis de la venue du club politique SPQ libre qui se joint à la réflexion et à l'action militante souverainiste et progressiste qui a cours au parti. »

Marie Malavoy, la première vice-présidente du PQ, a déclaré sur les ondes de Radio-Canada : « Ça va amener un courant d'air frais et, certainement, probablement, quelques bons débats. Si on ne risque rien, on va rester entre nous à toujours se répéter les mêmes choses. »

Pauline Marois a qualifié de « très motivante » l'idée de retrouver au PQ des gens qui vont « nous stimuler et nous pousser à aller plus loin ». « C'est un cadeau pour les souverainistes. Je souhaite toujours qu'on redevienne cette large coalition que le PQ a toujours été. »

François Legault a déclaré que la création du SPQ Libre est « une très bonne nouvelle ». Il estime que le gouvernement péquiste a eu mal à sa gauche en travaillant à l'atteinte du déficit zéro. « C'est plus important que jamais, a-t-il dit, qu'on aille rechercher les progressistes et les sociaux-démocrates. »

Mais d'autres veulent plutôt tirer le PQ vers la droite. C'est le cas de l'ancien ministre Jacques Brassard qui faisait paraître une opinion dans Le Quotidien du Saguenay (7 avril 2004), intitulée « Le PQ se débat dans les fantasmes de la “ gôche ” ».

L'ancien ministre attribue la défaite électorale du PQ à l'ADQ et non au 30 % d'abstentionnistes. L'orientation qu'il propose pour le PQ est alors toute tracée : à droite toute ! pour reconquérir l'électorat adéquiste, en demandant même au PQ « d'envisager une plus large place du secteur privé dans notre système de santé. »

La critique la plus acerbe de SPQ Libre est venu de l'ex-ministre péquiste Jean-François Bertrand (fils de l'ancien premier ministre Jean-Jacques Bertrand de l'Union nationale) dans l'opinion (« Les gaucheries d'une certaine gauche ») qu'il fait paraître dans Le Devoir du 9 avril.

Jean-François Bertrand compare SPQ Libre à « un cheval de Troie, un sous-parti politique, (qui) s'est introduit récemment au Parti québécois » et il prédit « un climat acrimonieux entre les deux ». Chose certaine, il aimerait mieux voir la gauche rejoindre l'Option citoyenne de Françoise David dont il loue le « courage » et « l'honnêteté ». Son « nouveau parti qui réunira la gauche se battra dans l'authenticité et la transparence contre des partis dans lesquels ni elle ni son groupe ne se reconnaissent », écrit-il.

D'abord par personnes interposées (François Saillant et Jean-Yves Desgagnés), puis en signant elle-même une courte lettre dans Le Devoir, Françoise David a reconnu travailler à la création d'un nouveau parti en précisant qu'elle ferait connaître ses intentions publiquement au mois de mai.

L'UFP a immédiatement réagi par la voix de son porte-parole Pierre Dostie qui a déclaré au journal Le Devoir (16 mars) « Nous avons beaucoup de points en commun avec Françoise David. Et tout le monde est d'accord sur l'importance de construire un véritable parti progressiste. »

Mais comme le rapportait le journaliste Robert Dutrisac, tous ne sont pas du même avis à l'UFP, en citant Paul Cliche qui déclarait : « Il y a des susceptibilités qui sont à fleur de peau. Il y en a qui disent que Françoise David, c'est une personnalité qui fait tourner les choses autour d'elle », tout en ajoutant qu'il « n'a rien contre une forte personnalité. »

Paul Cliche précisait toutefois que Françoise David devra faire connaître sa position sur la question nationale : « La question nationale n'est pas une priorité pour elle. À l'UFP, on est souverainiste; nous autres, on est indépendantistes. »

La table était alors mise pour les éditorialistes et les chroniqueurs. Dans Le Soleil du 19 mars, J-Jacques Samson n'y voit que division de la gauche et il intitule son éditorial « La gauche cannibale ».

Dans La Presse du 24 mars, l'éditorialiste Katia Gagnon salue d'entrée de jeu l'initiative de SPQ Libre et de l'Option citoyenne « qui ont le mérite de soumettre une autre vision des choses au débat public. »

Puis, elle écrit que « la démarche de Françoise David pourrait contribuer à l'élection d'un parti plus à droite en divisant les voix qui devraient normalement échoir au PQ. Mme David deviendra-t-elle la Ralph Nader du Québec ? »

Dans son éditorial du 17 mars publié dans Le Devoir intitulé « La sage et la politique », Josée Boileau rappelle que « la politique partisane, avant d'être affaire de fougue et de convictions, est une gigantesque machine » et elle n'y voit « pas de salut politique pour les Françoise David du Québec », à qui elle recommande de s'en ternir à son rôle de sage.

Dans Le Devoir, le chroniqueur Michel David écrit : « Certes, ce ne serait pas une mauvaise chose que le PQ soit vivifié par un débat entre divers courants, à la condition expresse qu'ils ne se transforment pas en autant de chapelles qui s'empresseront de s'entre-déchirer. »

Dans un éditorial paru dans La Tribune de Shebrooke du 23 mars et intitulé « Pourquoi pas un parti de la gauche ? » Jean-Guy Dubuc appuie l'initiative d'Option citoyenne de Françoise David. Son défi sera de « faire face à la coalition de gauche qui vient de s'unir au Parti québécois, le SPQ Libre qui renforce de son appui le Parti indépendantiste, alors que l'Option citoyenne risque de l'appauvrir. On peut s'attendre à ce que le PQ combatte sérieusement le projet de Françoise David. »

Dans La Presse, Jean-François Delisle, un partisan avoué de l'Option citoyenne, critique la démarche de SPQ Libre (« Le PQ et la gauche : un piège à cons ! »), mais n'est pas tendre non plus pour l'UFP.

« Quant à l'UFP, écrit-il, on peut croire que l'immobilisme d'une partie de ses éléments dirigeants, leur complaisance dans une certaine marginalité et le faible score réalisé lors du scrutin de 2003 ont convaincu les animateurs d'Option citoyenne qu'il fallait aller de l'avant dans le projet de fonder un parti rassembleur sans plus attendre, quitte à s'allier aux composantes les plus dynamiques de l'UFP après des négociations honnêtes pour former une organisation cohérente et efficace. »

Dans Le Devoir du 13 avril, Amir Khadir de l'UFP écrit, sous le titre « De la politique, il faudra peut-être en faire à gauche aussi… » que « en dépit de la rupture grandissante de la gauche avec le PQ, les progressistes n'ont aucun intérêt à ce que le PQ s'effondre. En attendant que la gauche politique soit capable de faire contrepoids, seule la droite pourrait bénéficier d'un affaiblissement prématuré du PQ. Le corollaire de ce constat, c'est que les progressistes n'ont rien de plus urgent à faire que de bâtir une alternative politique de gauche, autonome du PQ. »

Amir Khadir identife « quatre foyers de réflexion et d'action à gauche : l'UFP, SPQ Libre, D'abord solidaires et Option citoyenne », tout en affirmant que « l'objectif central demeure l'unité la plus grande des diverses composantes de la gauche. » Pour cela, il affirme que « de la politique il faudra donc en faire à gauche aussi… avec intelligence et honnêteté pour qu'un autre Québec soit possible. »

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