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Pataplatte Premier
N° 229 - mai 2004
Le vent commence à tourner dans l'industrie du courrier qui compte près de 250 messagers à vélo.
Travailleurs autonomes ou messagers à commission ?
Vincent Larouche
En avril dernier, à la suite d'un accident, Lucie Poulin s'est retrouvée avec un pied dans le plâtre. Jusqu'à sa rémission, elle se retrouve sans revenus, dépourvue de congés de maladie ou d'assurances. En tant que messagère à vélo, Lucie fait partie de ces milliers de Québécois et Québécoises que les patrons enregistrent comme « travailleurs autonomes », souvent pour leur refuser le droit à la syndicalisation.

Mais le vent commence à tourner dans l'industrie du courrier. Avec l'aide du Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes (STTP-FTQ), l'Association des messagers à bicyclette de Montréal vient de déposer des requêtes en accréditation pour syndiquer plus de 175 employés de cinq des plus importantes entreprises de Montréal : CourrierCom, Courrier Rapide, Messagex, Sylco et QA/Transor. La campagne de syndicalisation se poursuit d'ailleurs toujours dans d'autres compagnies. Au total, Montréal compte près de 250 messagers à vélo.

Contrairement aux prétentions des entreprises qui les emploient, les messagers à vélo ne devraient pas être considérés comme des travailleurs autonomes, mais plutôt comme des employés à commission, notamment parce qu'ils ne peuvent pas choisir leurs horaires et tarifs. « Moi, si je ne rentre pas tous les jours de huit à cinq, mes commissions sont coupées de 60 % à 50 % », explique Lucie. De plus, un travailleur autonome doit être libre de tout lien de dépendance économique face à un employeur, ce qui n'est pas clair dans le cas présent.

La reconnaissance du statut d'employé à commission pour les messagers obligerait aussi les employeurs à cotiser à la CSST. Présentement, les employés qui exercent ce métier pourtant très dangereux ont eux-mêmes la responsabilité de s'inscrire et de cotiser à la Commission.

Par la syndicalisation, les messagers espèrent améliorer leurs conditions de travail et mettre un peu d'ordre dans cette industrie non réglementée, où les salaires n'ont cessé de diminuer depuis les cinq dernières années. Ils souhaitent, entre autres, pousser les employeurs à leur fournir une assurance-accident, et un revenu minimum garanti. Selon Lucie Poulin, « pendant les vacances de la construction, on travaille mais on ne fait pas d'argent, parce que les bureaux n'envoient pas de courrier. » Les travailleurs aimeraient aussi que les entreprises de messagerie les aident à assumer quelques dépenses, comme leur radio-émetteur ou les réparations sur leur vélo : « L'hiver, ça peut me coûter 100 $ par semaine en entretien et réparation pour mon vélo », explique Lucie. La toute jeune Association des messagers à bicyclette de Montréal, qui regroupe déjà la majorité des courriers à vélo, multiplie aussi les contacts avec les messagers en voiture, qui songent eux aussi à se regrouper au sein d'une association pour défendre leurs droits.

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