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Une guerre humanitaire
N° 204 - novembre 2001

On ferme les programmes avant de fermer la boîte
Gabriel Sainte-Marie

L’asphyxie des cégeps des régions



Le ministère de l’Éducation a changé le mode de financement des cégeps. Cette réforme entraînera de nombreuses fermetures de programmes. Bien entendu, les premières victimes seront les régions éloignées.

Contre cet affront, une coalition est née. Elle regroupe 21 syndicats de professeurs, membres de trois syndicats 0 la FAC, la FEC et la FNEEQ. Alain Dion est leur coordonnateur. Il est aussi le coordonnateur du syndicat des enseignantes et enseignants du cégep de Rimouski.

Au printemps dernier, la coalition dénonçait le fait qu’on soit passé d’un mode de financement selon le nombre de groupe cours à un mode par nombre d’élèves. Depuis cet automne, il y a du nouveau. Alain Dion nous explique que « le ministère a établi sept critères de financement des cégeps, dont au moins trois posent problème ».

Soixante volontaires pour sauver un programme

Le critère potentiel de recrutement exige qu’il y ait 60 étudiants répartis sur trois ans pour justifier un programme. Selon Alain Dion, « appliquer ce critère signifie fermer sept ou huit programmes juste au cégep de Rimouski ». Par exemple, chimie analytique pourrait ne plus se donner.

L’adéquation formation-emploi pose également problème. «Si aucun emploi dans la région n’a de lien avec le programme, poursuit Dion, on le ferme. C’est ce qui risque d’arriver avec le programme de technique des médias au cégep de Jonquière. » Évidemment, le développement des régions s’en trouve altéré.

Le gouvernement mise aussi sur la complémentarité des cégeps. Dion en démontre l’absurdité 0 « À Montréal, les cégeps sont assez rapprochés. Un programme pourrait donc se donner dans un seul cégep. Mais pour l’est du Québec, ça n’a aucun sens. » Il explique que « si on ferme un programme à Rimouski pour le donner à Rivière-du-Loup, il est peu probable que l’étudiant choisisse d’y déménager. Il optera plutôt pour Montréal ou Québec. Ou bien il changera de programme ou abandonnera ses études ».

Le cœur culturel condamné à l’arythmie

« Le rôle des cégeps régionaux ne saurait être sous-estimé. En plus d’assurer la formation post-secondaire, les cégeps sont le cœur culturel de nos régions », rappelle Dion. Avant de fermer un programme, il faudrait au moins s’assurer que la mission des cégeps soit toujours respectée. Rappelons que les cégeps ont été créés afin de favoriser l’accès aux études supérieures pour le plus grand nombre de jeunes et d’adultes possible, et ce, partout au Québec.

« Le plus ridicule de cette histoire, c’est la complicité de Gaëtan Boucher, le président de la Fédération des cégeps, avec le ministère. »

Avant que la réforme n’ait causé trop de dommages, il est à espérer que la coalition de l’Est aura réussi à sensibiliser la population. Encore une fois, on remarque que la pensée à court terme du gouvernement coûte très cher à long terme.

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