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Kyoto ? On s'en fiche !
N° 226 - février 2004
L’aparté
En désespoir de cause
François Parenteau
Aaah, les sondages ! On peut toujours compter sur eux pour mettre un peu de piquant dans notre vie quotidienne. Si j'étais millionnaire, je crois que je m'achèterais une maison de sondages. Chaque semaine, j'arriverais avec mes propres résultats étonnants, tout le monde serait avide se savoir ce que j'aurais à révéler et je passerais des heures à en préciser les nuances. J'appellerais cette firme « DKC ». Trois lettres, ça fait sérieux. Et je demanderais à mes sondeurs de commencer chacune de leurs questions par « DKC que vous pensez de... ».

Cela dit, on n'avait pas besoin de gros sondages pour savoir que Jean Charest et son gouvernement étaient impopulaires. Celui rendu public par Radio-Canada cette semaine permet au moins de mesurer à quel point. Ça signifie que dans ces fameux « lobbys corporatistes » dont parle Charest pour dénigrer les syndicats et autres groupes sociaux, il y a beaucoup de monde.

En passant, le plus drôle, c'est de voir que cette grogne contre les libéraux ne se traduit pas par une énorme augmentation des intentions de vote pour le PQ. Bernard Landry a beau sauter sur les tribunes sans être invité pour s'approprier le mécontentement syndical, c'est à Mario Dumont que ça profite le plus. Et Mario qui se plaignait que l'Assemblée nationale ne lui accorde pas assez de droit de parole ! En beau ténébreux, il devrait pourtant comprendre que c'est quand il se tait qu'il marque le plus de points...

On est bien loin des élections mais cette situation est tout à fait bizarre. Les gens sont mécontents de Charest mais ils penchent pour un parti encore plus à droite que le sien. La seule logique à en tirer, pour Charest, c'est qu'il s'agit d'un encouragement à aller encore plus vite et plus loin avec sa réingénierie. Faut dire qu'après seulement 9 mois au pouvoir, les gens ont eu en masse le temps de se rendre compte qu'ils ne voulaient plus des libéraux mais ils se rappellent encore pourquoi ils n'ont pas voté pour le Parti québécois. Alors, ça revient à l'ADQ en désespoir de cause. Tiens, ça serait un bon slogan pour l'ADQ, ça: « En désespoir de cause. »

Et Landry, lui, il croit que c'est en surfant sur une vague de mécontentement qu'il va réussir à faire la souveraineté ? Si au moins il avait eu la sagesse de s'occuper lui-même de faire une réforme du mode de scrutin, il aurait pu proposer la souveraineté dès les élections et aurait pu la faire avec 50 % du vote +1. Mais là, il reviendrait au pouvoir, le temps que les gens se calment les nerfs, se remettent à le trouver fatigant, que le fédéral leur fasse peur et prout...

Pour le PQ, le système actuel est parfait pour leur faire gagner des élections et perdre des référendums. À ce sujet, je suis tout à fait d'accord avec Marcel Lefebvre, membre de l'exécutif du Parti québécois de Lotbinière, qui écrivait une lettre dans la page idées du Devoir de cette semaine. Faudrait que le PQ décide. Ils veulent le pouvoir ou la souveraineté ? Parce qu'il y en a un paquet qui sont tannés d'être pris en otages...

Parlant d'otages, que penser de la crise qui s'est déroulée à Kanesatake cette semaine ? Pour voir le positif, remarquons au moins que ce quasi-coup d'État a permis au grand public de distinguer entre le banditisme et les revendications autochtones légitimes. Ça fait toujours ça de pris.

Mais l'attitude du ministre Gnochon dans ce dossier envoie un signal pour le moins étonnant. Je le comprends d'avoir voulu éviter que le sang coule. Après tout, le sang indien, ça vaut cher... Mais des cagoulés ont chassé un chef démocratiquement élu et ont mis le feu à sa maison et le gouvernement a négocié avec eux. Semble-t-il que c'est parce que James Gabriel aurait un peu couru après. Depuis son arrivée au pouvoir, il aurait pris des décisions unilatérales, aurait mis plein de monde à la porte sans ménagements et se serait mis plein de gens à dos.

Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?...

Elle est où, la maison de Jean Charest ?

Texte lu à l’émission du 17 janvier de Samedi et rien d’autre animé par Joël Le Bigot sur les ondes de Radio-Canada.

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