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Kyoto ? On s'en fiche !
N° 226 - février 2004
En marge des médias
La maladie du scoop
Gilles Derome
Je souhaite que nos journalistes prennent l'habitude de prolonger la vie des nouvelles qu'ils se contentent la plupart du temps de nous transmettre. Lorsqu'on nous apprend par exemple que le Canada est le dépotoir des déchets toxiques des États-Unis ! nous aimerions savoir si c'est uniquement parce que nous aimons l'argent vite gagné ou parce que nous ne sommes pas assez intelligents pour nous rendre compte que demain nos enfants seront pris avec l'horreur du problème.

Quand on nous annonce que c'est au Québec que l'armée canadienne a créé le plus grand nombre de sites contaminés ! est-ce parce que notre Royale armée considère que les Québécois ne méritent pas mieux ou parce que les autres provinces ont le courage de dire non aux cadeaux empoisonnés ?

On nous répète que l'État doit contrôler la vente des armes, du jeu, de la boisson, de la nourriture, des drogues et autres produits pharmaceutiques, des livres, des films et des vidéos pornographiques. Et nous acceptons d'être ainsi protégés! Dans la même foulée, pourquoi le même État refuse-t-il d'ouvrir des bordels libres, pour adultes médicalement contrôlés, de la même façon qu'il ouvre des casinos et y installe ses machines à boules ?

On dit beaucoup de choses sur la prétention à la souveraineté des Québécois! On semble en dire beaucoup moins sur la souveraineté royale imposée par le Canada anglais. Est-il même conscient d'être souverain ? Un bon exemple est le peu d'intérêt qu'on accorde aux privilèges dont jouissent les musiciens des États-Unis lorsqu'ils jouent ici. Pourquoi les musiciens canadiens qui jouent aux États-Unis doivent-il payer une cotisation à la section locale de la Guilde et que la même Guilde n'astreint pas les musiciens états-uniens à la réciprocité ?

Une nouvelle, crue comme un dogme, se change le plus souvent en désinformation. La désinformation fermente et devient rapidement toxique. La toxémie est une pernicieuse maladie du sang qui pourrit notre société. Elle est causée par une surdose de sensationnalisme. Pourquoi le premier à publier un scoop est-il toujours le dernier à l'expliquer ?t

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