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Kyoto ? On s'en fiche !
N° 226 - février 2004
Les Centres de la petite enfance provoquent des réactions différentes chez les libéraux, selon qu'ils siègent à Ottawa ou à Québec.
Le gouvernement Charest a raison d'avoir tort
Vincent Larouche
La ministre fédérale Liza Frulla leur démontre un intérêt sans précédent et projette de faire du Canada un « leader mondial en matière de garderies » (pourtant sous juridiction des provinces). Du côté provincial, le gouvernement Charest sabre dans le financement et la ministre Carole Théberge met en doute l'efficacité de la formule, instaurée par le Parti québécois.

Le scénario a fait ses preuves. Pour commencer, dans le rôle du bon flic, le gouvernement fédéral, gorgé de surplus budgétaires, accorde 260 millions de dollars à Québec pour les CPE. Dans le rôle du méchant flic, le gouvernement Charest, peu intéressé à investir dans les services de garde, prend l'argent et la noie dans le fonds consolidé de la province. Outrés, les citoyens se tournent ensuite vers Ottawa, réclamant encore plus d'empiétement sur les compétences provinciales.

C'est lors du dépôt du budget Manley l'hiver dernier que le fédéral a promis aux provinces d'importantes sommes pour « accroître l'accès à des services de garde de qualité » chez les Canadiens. Au moment de recevoir les 260 millions qui lui étaient alloués, le gouvernement du Québec les ajoute à ses autres revenus, sans prendre de dispositions spéciales quant à la façon de les dépenser.

Une décision difficilement contestable, selon le porte-parole de l'opposition officielle en matière de Famille et enfance et de Conciliation famille-travail, Jonathan Valois : « Ce n'est pas au gouvernement central de déterminer les dépenses du Québec, explique-t-il. Il ne faut pas critiquer la décision du gouvernement Charest d'avoir mis l'argent dans le fonds consolidé, mais critiquer ses priorités : les fonds seront utilisés pour des baisses d'impôts au lieu de la famille. »

Il précise que le Parti québécois aurait lui aussi compté les 270 millions dans l'ensemble de ses revenus, mais cela au sein d'un budget augmenté pour la famille, prouvant que la somme était utilisée à bon escient.

Selon M. Valois, le pouvoir de dépenser du fédéral va faire en sorte que le Québec risque de se faire enligner ses priorités année après année. « Toutes les luttes pour l'identité québécoise, que nous avons pensées en termes constitutionnels et culturels, c'est sur le terrain des finances qu'elles se jouent », ajoute le député de Joliette.

La grogne se fait déjà sentir dans les CPE. Selon Jean Robitaille, du Chantier de l'économie sociale, un des effets pernicieux de l'attitude du gouvernement Charest est que certaines personnes risquent de demander au fédéral de les « protéger » du gouvernement provincial, en attachant l'argent pour qu'elle ne puisse pas servir à d'autres fins. Cette façon de faire, bien qu'elle n'ait pas encore été officiellement évoquée, serait une grave atteinte à l'autonomie des provinces.

Le mécontentement est toutefois compréhensible, explique M. Robitaille, face à un gouvernement provincial « qui a tellement écœuré les CPE », non seulement par la hausse des frais de 5 à 7 $ par jour et les compressions budgétaires, mais aussi par d'innombrables tracasseries administratives et un dénigrement dans les médias.

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