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Kyoto ? On s'en fiche !
N° 226 - février 2004
En affaires, il y a de bonnes et de mauvaises pertes
Le dénigrement de la Caisse de dépôt atteint l'hystérie
Léo-Paul Lauzon
Faut surtout pas se surprendre du traitement déplorable de la section « éditoriale » de La Presse et de ses chroniqueurs, dont l'émérite Claude Picher, accordé aux pertes subies en 2002 par la Caisse de dépôt et placement du Québec et aussi par les autres journaux détenus par Power Corp.

Comme Power Corp. a aussi d'immenses intérêts dans les domaines de la planification à la retraite, de l'assurance-vie, de la gestion de portefeuille et dans la planification financière individuelle avec ses grosses filiales Investors, la financière Mackenzie, la Great West Life, la London Life et maintenant Canada-Vie, il ne fallait pas s'étonner du traitement hystérique sur le cas de la Caisse de dépôt et placement. La privatisation des pensions de vieillesse publiques et des régimes de rentes publiques ferait bien leur affaire.

Naturellement, leur mercenaire préféré, Claude Castonguay, anciennement président du groupe d'assurance La Laurentienne et de la Banque Laurentienne, à qui profiterait aussi le délestage public des pensions de vieillesse et du régime des rentes du Québec, a eu droit à beaucoup « d'opinions » dans La Presse pour dénigrer la Caisse de dépôt, comme il le fait si bien, dans le même quotidien, à titre d'actionnaire et d'administrateur de compagnies pharmaceutiques, pour décrier notre système de santé publique et préconiser sa privatisation. Power Corp. avec toutes ses filiales n'est jamais trop gros, la Caisse de dépôt et la santé publique beaucoup trop à leur goût.

Voici quelques exemples de textes, d'opinions et d'éditoriaux qui ont été consacrés à la Caisse de dépôt par La Presse en seulement deux mois, soit les mois de mars et d'avril 2003.

7 mars 2003 - La boîte aux lettres. « Caisse de dépôt: il faut une enquête ». Une enquête rien de moins. Pas chez Bell, mais à la Caisse de dépôt et à la SGF. Pourquoi pas un enquête criminelle, un coup parti ?

14 mars 2003 - « Remise à jour » et le 25 avril 2003 « L'urgence d'agir ». Deux lénifiants éditoriaux de la très suave Michèle Boisvert. Chez Bell, il n'y a pas de quoi fouetter un chat et il n'y a aucune remise à jour à faire et aucune urgence d'agir. Seulement à la Caisse de dépôt, bien évidemment.

11 mars 2003 - « Sauver la Caisse ». L'éditorial d'André Pratte, le chef de la section.

Sauver la Caisse, rien de moins. Pas sauver Bell, mais la Caisse de dépôt. Et comment la sauver selon vous ? Par la privatisation complète ou partielle, voyons donc !

17 avril 2003 - « Scinder la Caisse ? », une opinion de Serge Rémillard, ex-dirigeant de la Caisse. Pas scinder Bell ou Power, mais la Caisse. Fallait y penser ! Vraiment génial, les mots me manquent.

Et maintenant, faisons place, comme La Presse lui en fait beaucoup, « au très honorable » Claude Castonguay.

20 septembre 2002 - « La fin du double mandat: la Caisse de dépôt doit cesser ses interventions dans l'économie et se centrer sur son rôle de gestionnaire de fonds ».

10 décembre 2002 - « Caisse de dépôt: le débat continue. Le gouvernement et le conseil d'administration ont aussi leur large part de responsabilité ».

11 mars 2003 - « Le gâchis : les résultats de la Caisse de dépôt nous révèlent le pire désastre financier dans l'histoire du Québec ».

Mais, quelle ignorance et opportunisme crasses affichés par Claude Castonguay.

Et voici d'autres éditoriaux, opinions ou chroniques parus au mois de mars 2003, toujours sur la Caisse de dépôt, dans d'autres journaux.

Journal Les Affaires. 15 mars 2003 - « Pourquoi ne pas mettre la Caisse de dépôt en concurrence ». Éditorial de Jean-Paul Gagné.

1 mars 2003 - « Scinder la Caisse en deux et miser d'abord sur le rendement ». Opinion de Jean-Luc Landry, gestionnaire de portefeuille.

Le Devoir, 13 mars 2003 - « La dérive de la Caisse ». Chronique de Gérard Bérubé.

Et une dernière, soit une importante « nouvelle », parue en première page s'il vous plaît, du Devoir du 24 avril 2003, faisant suite à une conférence faite par Jacques Ménard de la Banque de Montréal à la Chambre de commerce de Montréal, celui-là même qui a été le cerveau dirigeant des Expos de Montréal pendant plusieurs années avec les résultats que l'on connaît : « Le public réclame davantage de rigueur. Jacques Ménard plaide pour une loi encadrant les nominations dans les sociétés d'État ». Plus de rigueur et une loi, rien de moins, pour le public seulement, cela va de soi bien évidemment. Pas pour le privé et surtout pas pour Bell, voyons donc. La rigueur est au privé un gêne naturel de même que leur auto-discipline proverbiale.

En passant, juste comme ça, la Caisse de dépôt et placement du Québec a conservé, au mois de mars 2003, et malgré sa perte affichée en 2002, sa cote AAA attribuée par l'Agence de notation de crédit américaine Standard & Poor's.

On le répète, la principale cause de la perte de 8,5 milliards $ de dollars affichée par la Caisse de dépôt en 2002 fut le résultat de la formidable débâcle boursière et des nombreuses fraudes réalisées par des firmes privées américaines et canadiennes en 2001 et en 2002 et qui ont fait perdre environ 7000 milliards de dollars aux investisseurs, aux employés, aux caisses de retraite privées et à la collectivité. Quant à la perte subie par la Caisse de dépôt sur son investissement dans Quebecor, elle n'est que théorique et il faudrait tenir compte des gains économiques importants pour la collectivité, les employés et les entreprises d'ici d'avoir conservé au Québec le contrôle juridique de Vidéotron. Si Vidéotron fut à ce point un si mauvais placement, pourquoi alors la firme concurrente Rogers s'est-elle battue jusqu'à la dernière minute pour l'acquérir ?

En plus de ses multiples éditoriaux et opinions négatifs, La Presse a accordé, en première page s'il vous plaît, de nombreux articles « flamboyants » au cours des mois de mars et d'avril 2003 à notre Caisse de dépôt nationale.

6 mars 2003 - « Pertes de 8,5 milliards $ pour la Caisse en 2002 ».

9 mars 2003- « Dans l'aventure Vidéotron: la Caisse mange deux autres milliards ».

24 avril 2003- « La Caisse a perdu la moitié de ses billes dans MGM ».

8 mars 2003- « Caisse de dépôt: pire performance de l'histoire en vue ».

29 mars 2003- « Les travailleurs et les entreprises devront payer pour les déboires de la Caisse ».

Vraiment de l'acharnement médiatique. Naturellement, pour toutes les autres années précédentes au cours desquelles la Caisse a affiché d'excellents résultats financiers et a fait mieux que les autres caisses de retraite privées, rien, niet, kapout.

Et voici un autre article paru le 12 juin 2003, toujours en première page de La Presse, intitulé: « Caisse de dépôt: La gestion de Scraire digne du musée des horreurs ». Si la gestion de Scraire à la Caisse de dépôt fut digne, selon le journaliste Denis Lessard du Musée des horreurs, alors la gestion de Monty chez Bell fut digne du Musée des monstruosités.

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