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N° 226 - février 2004
Une firme privée qui n'a de privé que le nom
Bell jouit de la compassion du patronat et des médias
Léo-Paul Lauzon
Le traitement médiatique, patronal et politique des frasques de Bell: place à la compassion et aux justifications Dans une étude réalisée au mois de juin 2003 et publiée dans l'aut'journal, recherche effectuée à l'aide de l'étude de leurs propres états financiers, nous avons détaillé les pertes comptables abyssales de 47 milliards$ encourues par Bell Canada Entreprises au cours des 14 dernières années (1989-2002), ainsi que le coût fiscal de 10 milliards$ rattaché à ces pertes aux frais cette fois des contribuables canadiens.

Étant donné que cela origine d'une firme privée, qui n'a d'ailleurs de privé que le nom, la presse en général s'est faite très compréhensive, le patronat s'est fait très silencieux et les politiciens se sont portés comme toujours à son secours.

Prenons les titres des articles de journaux suivants qui sont plein de compréhension pour les déboires de Bell, même si c'est la population canadienne qui devra payer la note finale.

« Un retour aux sources pour BCE » (La Presse, 26 juillet 2002, Michèle Boisvert, éditorialiste). La même madame Boisvert adoptera toutefois une attitude pleine de mépris pour la Caisse de dépôt.

« La transformation d'un géant tranquille » (La Presse, 3 avril 1999, Richard Dupaul, journaliste). Un géant pas tout à fait tranquille selon moi.

« Retour en force de BCE » (Journal Les Affaires, 22 février 2003, numéro spécial sur BCE). Allô force !

« Le recentrage de BCE » (Journal de Montréal, 29 juin 2002, Jean-Philippe Décarie, chroniqueur). Le recentrage, vous dites ? Pour combien de temps et combien ça va nous coûter ?

Aucun de ces journalistes n'a vraiment été méchant envers les dirigeants de BCE et aucun n'a fait état des tenants et aboutissants d'un point de vue critique des glissements économiques de l'entreprise.

Jean C. Monty fut président de Bell Canada Entreprises de 1998 à 2002 et, sous son règne, l'entreprise a englouti des milliards de pertes dans des aventures de toutes sortes qui ont coûté cher à la collectivité. Qu'à cela ne tienne, la presse écrite l'a traité en héros.

Jean C. Monty a eu droit à l'insigne honneur d'être nommé, pas une fois, mais deux fois, la personnalité de la semaine de La Presse, soit le 16 novembre 1997 et le 21 mai 2000. Mieux vaut en rire, n'est-ce pas ? Puis, que dire des titres émouvants de ces deux articles de journaux.

« Jean Monty s'investit dans les bonnes oeuvres » (Journal de Montréal, 5 octobre 2002, Maude Goyer, journaliste).

« Jean Monty, de BCE à la responsabilité sociale » (Les Affaires, 26 octobre 2002, Suzanne Dansereau, journaliste).

Vraiment édifiant le sens critique de nos journalistes de la presse écrite.

Jean C. Monty « s'investit » peut-être dans les bonnes oeuvres et dans la responsabilité sociale, mais cela ne l'a pas empêché de passer à la caisse malgré le fiasco intégral de sa gestion chez BCE, comme en fait foi le titre de ces articles de journaux.

« Jean Monty s'enrichit de 47 millions $ » (La Presse, 1er avril 2000, Michel Girard, journaliste).

« Jean Monty a reçu une prime de 1.34 millions$ à son départ de BCE » (Journal de Montréal, 12 avril 2003, Presse Canadienne).

« Jean Monty ne part pas les mains vides » (La Presse, 30 avril 2002, Hélène Baril, journaliste). Le monsieur va recevoir de la compagnie une rente de retraite annuelle à vie de 2 millions $ pour ses précieux services rendus. Pour se payer une telle pension de vieillesse, Monty a vendu ses téléphonistes à un sous-traitant américain qui les paie maintenant deux fois moins avec très peu d'avantages sociaux.

Quant au patronat et aux politiciens, avez-vous déjà vu passer une critique, si minime soit-elle, dans les médias, sur les déboires de Bell et de ses dirigeants ? Bien non, ils préfèrent s'attaquer à nos instruments collectifs et à tout ce qui concerne l'État.

Les politiciens et le patronat vont vous dire qu'il n'y a pas de responsable selon eux, les dirigeants de Bell n'ont fait qu'obéir aux pseudos-lois pseudos-naturelles du pseudo-marché.

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