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Kyoto ? On s'en fiche !
N° 226 - février 2004
Contrairement au Québec, le mouvement syndical est très présent dans le taxi en Ontario.
Grève des répartiteurs d’appels des taxis d’Ottawa
Vincent Larouche
En janvier dernier, la capitale du Canada a connu une importante perturbation de ses activités économiques causée par la grève des 47 répartiteurs du centre d'appels de taxi d'Ottawa. Pendant 21 jours, les employés de la société Ziptrack, regroupés au sein du local 4266 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), ont tenu les lignes de piquetage devant l'entreprise.

La poignée de scabs ayant pris leur place ont eu toute la misère du monde à éviter le chaos, chaque répartiteur répondant à 800 appels par quart de travail en temps normal. D'ailleurs, les chauffeurs de taxi ont rapporté une baisse de 50 % de l'achalandage pendant le conflit.

Étonnamment, malgré cette perte de revenus considérables, les chauffeurs sont demeurés solidaires des répartiteurs tout au long de la grève. C'est que, contrairement au Québec, le mouvement syndical est très présent dans le taxi en Ontario. Les chauffeurs, syndiqués chez les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) et les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), ont soutenu les grévistes en refusant de prendre les appels de scabs, en distribuant des tracts à la clientèle et en refusant de traverser les lignes de piquetage pour payer leurs 500 $ de cotisation mensuelle à Ziptrack. Plusieurs se sont aussi joints à une grande manifestation de solidarité lors de l'une des journées les plus froides de l'hiver, aux côtés du président national du SCFP, Paul Moist.

« Malheureusement, ça a fait mal aux chauffeurs, mais ils nous ont aidés en mettant des pressions sur l'employeur », explique Robert Lamoureux, agent de communication pour le syndicat. La compagnie a finalement cédé le 21 janvier. Les répartiteurs, qui subissaient autrefois des conditions parmi les pires au sein de l'industrie des centres d'appels, ont obtenu l'instauration d'un régime d'avantages sociaux et des augmentations de salaires d'un peu plus de 20 %. La moyenne de salaires avant janvier était de 9 $ l'heure, et certains employés plafonnaient à 12 $ de l'heure après 33 ans de services chez Ziptrack.

Si les grands froids du mois de janvier ont fait la vie dure aux grévistes, ils ont aussi causé des ennuis aux scabs qui ont été submergés d'appels. Ce n'est pas la première fois que le transport, un secteur névralgique dans une ville comme Ottawa, est paralysé par un conflit de travail : les syndicats de chauffeurs y sont aussi très militants.

Au Québec, malgré un taux de syndicalisation général plus élevé qu'en Ontario, le mouvement syndical n'a toujours pas réussi à pénétrer véritablement l'industrie du taxi. Les conditions restent peu reluisantes : plusieurs chauffeurs doivent travailler des semaines allant jusqu'à 70 heures pour joindre les deux bouts. La majorité des 18 000 d'entre eux doivent louer leur voiture, et la flotte en général est en piteux état.

La FTQ et ses affiliés des Métallos tentent depuis de nombreuses années d'investir le terrain, mais la tâche est compliquée par certaines dispositions du Code du travail québécois empêchant la syndicalisation des chauffeurs. Ils offrent tout de même du financement aux chauffeurs pour l'achat de permis de taxi et d'automobiles et divers services moyennant une cotisation annuelle.

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