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Kyoto ? On s'en fiche !
N° 226 - février 2004

L’alphabête
Pierre Dubuc et Vincent Larouche
Qui dirige à Ottawa ? Power Corporation comme d’habitude

Selon le Globe and Mail, les cinq principaux conseillers du premier ministre Paul Martin sont : 1. Maurice Strong, un ancien président de Power Corporation; 2. Paul Desmarais, p. d-g. de Power Corporation; 3. Ladi Pathy dont l'apport financier de son mari a permis à Paul Martin d'acheter de Power Corporation la Canadian Steamship Lines; 4. James Wolfensohn : président de la Banque mondiale, mais également ancien directeur de la section australienne de Power Corporation; 5. Brian Mulroney, avec lequel Paul Martin a renoué, selon le Globe and Mail, lors du party organisé par Paul Desmarais cet été dans Charlevoix.

Si, comme au temps de Jean Chrétien, la famille Desmarais semble tirer les ficelles à Ottawa, tout semble indiquer qu'elle a aussi son mot à dire à Québec, comme en témoigne la présence discrète de Daniel Johnson, ex-premier ministre et ancien membre du conseil d'administration de Power Corporation dans l'entourage de Jean Charest.

Notre Achille Taillon restera

Dans son hommage à Paul Martin lors du couronnement de celui-ci à titre de premier ministre du Canada, l'ineffable Gilles Taillon du Conseil du patronat a déclaré : « Mais il faut aussi aider les mieux nantis, les cerveaux de la société, pour éviter qu'ils ne partent vers un autre pays où les avantages fiscaux sont plus alléchants » (Le Devoir, 13 décembre). Une chose est sûre, nous ne sommes pas prêts de perdre Gilles Taillon et ce n'est pas à cause d'avantages fiscaux plus alléchants dans d'autres pays.

L’institut économique réclame le dégel

« Après avoir prétendu que le capitalisme ne nuit pas à l'environnement et que la loi du marché doit prévaloir en santé, l'IEDM se plante une fois de plus sur l'enjeu des frais de scolarité », a dénoncé en janvier la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

La sortie des représentants étudiants faisait suite à la parution d'une « note économique » de l'Institut réclamant un dégel des frais de scolarité au Québec. Les représentants étudiants soulignent que l'IEDM ignore totalement le fait que la participation à l'université des jeunes issus de familles à faible revenus a diminué suite aux hausses de frais de scolarité dans le reste du Canada, et ne dit rien sur le fait qu'un jeune sur deux admis à l'université aux États-Unis n'y va pas en raison du coût des études. Alors qu'au Québec, un jeune sur dix dit ne pas faire d'études pour des raisons financières, cette proportion grimpe à plus de 25 % dans le reste du Canada, où les frais de scolarité sont parmi les plus élevés au monde.

La FEUQ affirme que l'IEDM devrait plutôt demander au gouvernement de renoncer à 7,5 % de ses baisses d'impôt pour que soient disponibles les fonds nécessaires aux universités. « Mais peut-être qu'une telle remise en question viendrait remettre en question le financement même de l'Institut ? », a conclu le président de la Fédération, Nicolas Brisson..

Les atypiques, c’est bon pour les statistiques

Le ministre québécois de l'Emploi, Claude Béchard, était particulièrement fier de présenter son bilan de l'emploi pour 2003 : l'économie québécoise aurait en effet généré 57 200 nouveaux emplois au cours de l'année.

Les données sur la qualité des emplois créés étaient toutefois peu nombreuses dans le bilan du ministre, celui-ci avouant tout de même qu'environ la moitié des nouveaux emplois étaient à temps partiel. Rappelons qu'il y a exactement un an, le Rapport Bernier sur les travailleurs atypiques soulignait l'augmentation (souvent due à la sous-traitance) du travail à temps partiel, à domicile, à contrat ou à horaires variables. Déjà, près d'un tiers de la main-d'œuvre serait cantonné dans ces emplois dits « atypiques », souvent moins payés et non-syndiqués.

Politiciens proportionnels

Par le biais du site web Cyberpresse, l'éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, répondait récemment à un courrier de lecteur sur le mode de scrutin proportionnel. Les réponses des journalistes via ce site web sont très intéressantes car souvent plus tranchées et moins « politically correct » que leurs articles sur papier.

Ainsi, pour Pratte, « Personne n'a pu montrer qu'un système proportionnel produit des politiciens plus francs ou un gouvernement plus efficace. » Il ajoute aussi qu'un système proportionnel augmenterait la place des tiers partis et s'interroge : « Veut-on qu'un parti ayant obtenu 18 % du vote jouisse d'une influence démesurée sur le parti au pouvoir ? ».

En effet, l'éditorialiste semble préférer qu'un gouvernement libéral puisse diriger à sa guise à l'assemblée nationale avec 61 % des députés même s'il n'a récolté que 45,9 % des suffrages. Probable aussi que la division du vote souverainiste entre péquistes et autres indépendantistes ne lui déplairait pas.

Monsieur Triple Zéro

Après avoir fait rigoler à la ronde, en évaluant à 750 000 $ plutôt qu'à 750 millions la dette de l'Irak au Canada que son gouvernement à effacer, Paul Martin récidive. Il avait évalué à 137 000 $ le montant des contrats obtenus du gouvernement par son entreprise, la Canadian Steamship Lines. Mais il s'était « trompé », vient-on d'apprendre. Le montant des contrats s'établit plutôt à 161 millions $. Et dire que le bonhomme était ministre des Finances !

Le libre-échange n’est pas un club échangiste

Le Conseil canadien des chefs d'entreprises (CCCE) célèbre cette année les 15 ans du libre-échange en pressant les chefs-d'État des Amériques de l'étendre à l'ensemble du continent. On peut comprendre le CCCE : si en 1989, ses membres possédaient ensemble des actifs de près d'un billion de dollars, ce chiffre est aujourd'hui de 2,3 billions !

Le tableau est moins réjouissant pour les travailleurs. Le Centre canadien de politique alternative s'est penché sur un échantillon de 39 entreprises membres du CCCE, pour déterminer les impacts du libre-échange sur leurs employés. Bien que certains membres aient haussé leur niveau d'emploi, le bilan total équivaut à des pertes d'environs 100 000 emplois pour ce seul échantillon !

Sur le plan social, l'harmonisation des programmes sociaux canadiens avec ceux, beaucoup moins généreux, des Américains, est bien visible, le meilleur exemple étant le cas de l'assurance-chômage. Depuis la signature de l'Accord de libre-échange, la proportion de Canadiens sans emploi éligibles à l'assurance-chômage est passée de 75 % à 38 %.

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