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Une guerre humanitaire
N° 204 - novembre 2001

Hydro-Québec 0 des hausses de tarif et une centrale thermique injustifiées
Gaétan Breton
Hydro change sa mission. Elle remplace la fourniture d’électricité aux Québécois au plus bas prix possible par la création de richesse pour l’actionnaire qui, pour l’instant, est encore l’État. Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise publique change de mission pour adopter des objectifs plus près de ceux de l’entreprise privée.

Dans la littérature en administration publique, on appelle « corporatisation » cette période de réalignement. Normalement, au terme d’une telle période, arrive la privatisation. Est-ce ce qu’on est en train de préparer en montrant que l’entreprise est capable de créer de la valeur pour les actionnaires ?

L’heure est à la préprivatisation

De plus, en dépit de l’expérience des 20 dernières années et tablant sans doute sur un taux de change favorable pour le moment, Hydro s’entête à vouloir à tout prix exporter de l’électricité, quitte à polluer le Québec ou à faire augmenter, en construisant des centrales dont les coûts de production sont très élevés, le prix de l’électricité au Québec.

Évidemment, en continuant de culpabiliser les clients domestiques avec le spectre de l’interfinancement, on localisera les hausses chez cette catégorie de consommateur, la plus vulnérable et la moins mobile. Cette détermination à faire augmenter les prix ressemble aussi à une préprivatisation.

Les centrales thermiques ont le vent dans les voiles

La centrale thermique, dont on a annoncé la construction, générera des émissions polluantes importantes, pour produire une électricité bien plus chère – on parle d’un coût entre 5 et 6 cents le kWh, ce qui est le double de l’objectif actuel – que celle qui aurait pu être produite par des éoliennes.

Le petit parc d’éoliennes qui existe en Gaspésie n’est pas un bon exemple d’efficacité. Il est très restreint et sa construction a été mise en branle bien avant l’acceptation du gouvernement. L’électricité produite coûte autour de 6 cents le kWh, ce qui n’est pas rentable pour l’acheteur en ce moment.

Mais le Québec est une terre propice à l’installation d’éoliennes. La Gaspésie est particulièrement bien située avec ses vents constants et son éloignement des sources de courant hydro-électrique. Les spécialistes de l’IREQ ont présenté, en 1998, à la Régie de l’énergie, un projet intégré de développement de la production de l’énergie électrique à partir d’éoliennes qui devenaient rentables dès la seconde année. Compte tenu de la fabrication et de l’installation des équipements, le projet devenait structurant pour l’économie québécoise dans son ensemble. Mais Hydro ne veut rien savoir de l’énergie éolienne et le gouvernement ne bouge pas.

L’énergie éolienne, en plus de ne pas être polluante, permet de revenir en arrière si les conditions changent. Si, un jour, on trouve une meilleure façon de faire, il n’y a qu’à démonter les machines. Il n’y a aucune transformation du paysage, aucun détournement de rivière, aucune accumulation extraordinaire d’eau ni détournement des habitudes des animaux et, surtout, aucune émission polluante.

Si la tendance se maintient... on aura trop d’électricité

Enfin, on peut se demander si nous avons réellement besoin de l’électricité de la centrale thermique projetée. Plusieurs projets hydro-électriques sont déjà en voie de réalisation 0 la centrale Mercier, près de Mont-Laurier, le détournement de la rivière Manouane.

De nouvelles centrales sont nécessaires si on prévoit une forte croissance de la demande ou si on veut un surplus de capacité de production pour l’exportation. Hydro prévoit que les ventes au Québec passeront de 154 tWh en 2001 à 165 tWh en 2006, soit une croissance de 7 % sur quatre ans, due principalement au secteur industriel.

Les observateurs ont qualifié le budget de Mme Marois d’« optimiste » parce qu’elle se basait sur des taux plus faibles que ceux-là. Les prévisions d’Hydro sont-elles sérieuses ou servent-elles seulement à justifier des projets d’expansion ?

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